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Lors de la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy avait prononcé à Angers un excellent discours sur l’école. Judicieusement conseillé par celui qui jouait alors le rôle d’éminence grise, Henri Guaino, Nicolas Sarkozy avait su s’adresser à l’opinion qui, en France, reste très attachée au modèle républicain. Dénonçant « l’hypocrisie du bac qu’on brade peu à peu », « l’hypocrisie des grandes écoles qui accueillent moins d’enfants d’ouvriers et d’employés aujourd’hui que dans les années 50 », « l’hypocrisie de l’école à deux vitesses », Nicolas Sarkozy avait rappelé l’école à ses fondements républicains et à sa mission qui est de transmettre à chacun le savoir qui permet d’acquérir l’esprit critique et d’exercer, comme le soulignait Robespierre, toutes ses facultés.

Les prédateurs ont faim ! Que ce soit la Générale de santé, la Maréchale de bien-être, la Versaillaise des eaux, ou tout autre groupe privé bénéficiant de fonds publics, ce n’est jamais assez. Un palier est franchi dans la collusion entre intérêts privés et représentants du public : la droite décomplexée ne songe même plus à cacher son cynisme. Si les citoyens sont stupéfaits par la dénationalisation de ce qui nous appartient, la privatisation de nos biens communs, il faut qu’ils soient conscients que nous pouvons encore et toujours reprendre la main.
Le privé fait du profit et pas de philanthropie.
La laïcité économique c’est argent public pour le public…et ça devient urgent de s’y conformer.

La Lettre aux éducateurs de Nicolas Sarkozy, publiée à la rentrée scolaire, est exemplaire de sa façon de faire : discours flatteur et contradictoire. Écrite dans un bon français agréable à lire, preuve que Sarkozy n’en est pas l’auteur, elle est faite pour tromper.
Voyons-en quelques aspects.

Depuis quelque temps déjà, le mot « autonomie » fait florès. On glorifiait hier l’autonomie de l’« apprenant », censé construire lui-même son propre savoir. On glorifie aujourd’hui l’autonomie dont jouissent les établissements scolaires censés définir leur « projet » et décider de leur organisation. Le remède que le gouvernement propose pour rendre l’université compétitive ? L’autonomie ! Tel est le maître-mot de la loi dite Pécresse, censée apporter aux universités une plus grande liberté en matière financière et en matière de gestion des ressources humaines.