L’Union des Familles Laïques (UFAL) dénonce avec la plus grande fermeté l’appel lancé par l’officine intégriste catholique Civitas à perturber la Nuit Blanche 2026, les 6 et 7 juin à Paris. Sous prétexte de lutter contre une prétendue « profanation » de lieux de culte, ce groupuscule appelle ses militants au harcèlement, aux « prières de rue » et à faire « barrage » devant les églises pour empêcher la tenue de manifestations artistiques.
Qu’une organisation dissoute par décret fin 2023 continue d’appeler publiquement à la mobilisation est un scandal. L’UFAL demande aux pouvoirs publics de tirer toutes les conséquences de cette dissolution et de ne tolérer aucune entrave à la liberté de création et de circulation.
Une officine que l’UFAL combat de longue date
Ce nouvel épisode ne surprendra personne. Depuis les violences commises par les militants de Civitas lors des manifestations contre l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe, l’UFAL n’a eu de cesse de combattre cette officine catholique d’extrême droite, héritière de l’idéologie de Vichy et de Charles Maurras, qui œuvre ouvertement à la destruction d’une République qu’elle qualifie de « laïciste, franc-maçonne et LGBT ».
Nous rappelons que l’UFAL a été à l’origine du redressement fiscal infligé à Civitas en 2016, mettant fin au financement de ce mouvement par l’argent public via des reçus fiscaux indûment délivrés. Nous avions également salué, en 2023, la décision d’instruire sa dissolution après les propos antisémites tenus lors de son université d’été, où un intervenant regrettait que la République ait reconnu les juifs comme citoyens.
Le retour des « factieux » contre la liberté de création
La cible désignée par Civitas n’est pas un hasard : son président s’en prend nommément à la directrice artistique de l’événement, la DJ Barbara Butch, déjà cyber-harcelée après la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, en stigmatisant tant son orientation que ses origines. Antisémitisme, homophobie, volonté d’imposer un ordre moral religieux à toute la société : c’est toujours le même projet réactionnaire que nous combattons.
Comme nous l’avons déjà écrit, Civitas use depuis des années des mêmes méthodes — intimidation, tentatives de censure, recours à la rue pour rétablir de fait un délit de blasphème que la loi a aboli. Dans un État laïque, aucune religion, aucune Église, aucun groupuscule ne dispose d’un droit de veto au nom de ses dogmes sur la vie culturelle commune. L’usage des lieux de culte relève de leurs affectataires ou de leur propriétaire, l’espace public appartient à toutes et tous.
L’UFAL apporte tout son soutien aux artistes, aux organisateurs et à Barbara Butch, et appelle les défenseurs de la laïcité à faire front contre cette nouvelle provocation factieuse.