L’Union des Familles Laïques (UFAL) s’associe pleinement à la démarche de la tribune publiée ce 21 juillet dans Libération, initiée par l’association Boussole antiraciste et signée par plus de 300 personnalités du monde de la culture et de la recherche. Nous condamnons avec la plus grande fermeté le harcèlement continu dont est victime l’artiste et DJ Barbara Butch, qui a culminé avec l’interruption inacceptable et violente de son concert au « Cabaret frappé » de Grenoble, le 18 juillet dernier.
Depuis les Jeux Olympiques de Paris, Barbara Butch est la cible d’une meute haineuse venue de l’extrême droite, mêlant sans complexe lesbophobie, grossophobie et antisémitisme, invoquant une prétendue décadence des « bonnes mœurs ».
Ce climat délétère a récemment trouvé un inquiétant relais à l’autre bout de l’échiquier politique. À Grenoble, des militants se réclamant de La France Insoumise (LFI) ont organisé le sabotage de son concert, l’invectivant et la forçant à quitter la scène sous les hurlements et les jets de projectiles. Ils l’accusent d’être une « figure du pinkwashing d’Israël », et d’avoir soutenu la proposition de loi Yadan, alors qu’elle a dit publiquement regretter son soutien.
L’UFAL dénonce avec force cette tenaille mortifère qui s’abat sur nos principes républicains. Que les attaques proviennent de l’extrême droite identitaire ou d’une frange de la gauche égarée, le mécanisme est le même : une artiste anticonformiste est privée de son droit à l’expression. La convergence des attaques d’une frange de l’extrême gauche avec les projets cultures du RN doit être dénoncée.
Qui plus est, ce n’est pas impunément, dans le contexte actuel, que l’on s’attaque à une citoyenne par ailleurs juive et lesbienne : en projetant sur elle le vieux fantasme antisémite de la « double allégeance », ces militants dévoient la cause qu’ils prétendent servir.
La défense légitime des droits du peuple palestinien ou la dénonciation de la politique de l’État d’Israël ne sauraient en aucun cas servir de véhicule à la haine antisémite. L’UFAL rappelle avec force qu’instrumentaliser et importer de façon manichéenne le conflit du Proche-Orient pour désigner des individus à la vindicte publique est une dérive irresponsable qui fracture notre société.
Fidèle à son combat pour une République sociale, laïque et universaliste, l’UFAL rappelle que l’assignation identitaire est un poison. On ne combat pas le racisme en exposant les victimes de discriminations à davantage de violence.
Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à Barbara Butch, à la liberté de création et à la liberté d’expression, et appelons toutes les forces laïques à faire front commun contre toutes les formes de racisme et d’intolérance.