A propos du transport ferroviaire

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La SNCF et RFF

Le Réseau Ferroviaire de France (RFF) est une société EPIC créée en 1997 par dissociation en deux parties de la SNCF qui gère les voies ferrées.

La loi sur la concurrence a imposé à notre pays la création en 2011 d’une Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) qui a comme mission de s’assurer que toutes les entreprises peuvent accéder de façon équitable au réseau ferroviaire, à travers des avis ou en tranchant des conflits entre opérateurs. Elle a du mal à démarrer (seuls 18 salariés sur 60 attendus), car située au Mans (Fillon oblige) « ce qui ne semble pas attirer les X-Ponts et leurs familles ». Elle se veut avoir « autorité sur la SNCF et RFF ». Ainsi elle reproche à RFF les péages imposés à la SNCF pour utiliser les rails. En réalité RFF cherche désespérément 1 milliard d’euros pour moderniser le réseau ferroviaire en piteux état actuellement et souhaiterait le reporter sur la SNCF laquelle se verrait ainsi obligée d’augmenter les tarifs des billets voyageurs.

Dans ce cadre la SNCF a décidé de favoriser en toute priorité 12 lignes dites « gravement malades ». Les retards devenus courant des trains sont dus à un réseau vieillissant, à un matériel pas toujours très jeune ou bien trop sophistiqué et insuffisamment mis au point type les TER Bombardier, à une organisation très cloisonnée de la SNCF qui a mis fin à la solidarité des cheminots c’est-à-dire à la fin de la mise en commun de tous les moyens. « On est passé d’une polyvalence extrême à une spécialisation à outrance. Mais désormais quand il manque des conducteurs pour une branche, les autres ne peuvent pas les dépanner » (Bruno Duchemin de la CFDT-FGAAC).

À cette agence vient s’ajouter une autre structure récemment créée : l’Établissement Public de Sécurité Ferroviaire (EPSF) qui instruit et délivre l’ensemble des autorisations requises par la réglementation en vigueur pour l’exercice des activités ferroviaires et en assure le suivi et le contrôle. En un mot cet établissement créé pour la mise en place de la concurrence délivre les agréments à toute entreprise ferroviaire souhaitant utiliser le réseau ferroviaire français. Situé à Amiens, cet établissement possède une centaine de salariés.

Guillaume Pépy, PDG à la SNCF, demande que soit clarifié en cas d’accident ou de dysfonctionnement qui est responsable de quoi. Il souhaite également que RFF revienne dans le giron de la SNCF.

Sur la concurrence ferroviaire

  • Le transport de marchandises par train, le fret, a chuté en quelques années d’environ 20 % à environ 12 %. Le fret la SNCF vient de porter plainte contre RFF auprès de l’Araf (voir ci-dessus) pour concurrence déloyale. En effet, dans le cadre de la privatisation et ouverture à la concurrence, les coopératives bretonnes viennent de créer une société Combiwest pour développer une offre de transport combiné rail-route. Cette société a demandé à l’Araf un créneau horaire de circulation ferroviaire appelé « un sillon » entre Rennes et Lyon. Or l’Araf a accordé ce sillon avec un horaire en « or » à Combiwest par rapport à celui accordé à la SNCF. Celle-ci dénonce cet accord, RFF aurait servi de conseil à Combiwest. Les mêmes « combines » s’annoncent avec le fret des distributeurs
  • Veolia Transport :
    Pour mémoire nous rappelons que pour sauver Veolia nos princes lui ont adossé EDF pour l’énergie et Transdev (Caisse des Dépôts et Consignations) pour le transport, ce dernier choix préféré comme par hasard à l’offre de Keolis (SNCF) créant ainsi une grosse entreprise dans le transport.
    Évidemment Veolia transport s’est lancé dans le ferroviaire et a formé une société commune avec l’italien Trenitalia (50-50), filiale à 100 % des chemins ferroviaires de l’État italien : Ferrero dello Stato.
    L’activité ferroviaire de Veolia transport atteint environ 1 milliard d’euros. En 2009, Veolia Transport exploitait 1152 trains de voyageurs (locomotives et voitures) et assurait des services dans 10 pays différents. Ses trains qui rouleront bientôt en France sous un nom inconnu pour le moment serviront les lignes Paris-Rome et Paris-Venise via Turin.
  • Sur le ferroviaire et le BTP :
    La société Eiffage (3e entreprise française de BTP, gestionnaire de l’autoroute endettée Paris Rhin Rhône, constructeur du viaduc de Millau) vient de lever la construction de la ligne ferroviaire TGV le Mans-Rennes. Or, il fut un temps où la SNCF posait elle-même son propre rail. Pour mémoire Eiffage possède une dette de 14 milliards d’euros avec un flottant relativement étroit.

Conclusion sur le ferroviaire en France

Ainsi que l’auteur l’a signalé dans son intervention à l’UPL 2010 de l’UFAL, la stratégie mise en place lors de la privatisation est toujours la même :

  • on sépare le réseau (c’est ce qui coûte le plus en entretien et n’est pas aimé par les investisseurs privés) de l’activité « noble », celle qui rapporte le plus au moindre coût en investissements : les trains de voyageurs et de marchandises (idem pour EDF, GDF, bientôt France-Télécom, etc.).
  • on saucissonne l’entreprise en services séparés les uns des autres et fonctionnant verticalement
  • Au nom de « l’ouverture à la concurrence » on créé des structures de « régulation et de contrôle » (deux nouveaux mots à la mode y compris dans la finance)
  • Ce système permet à des actionnaires privés de faire dans ce cadre du « ferroviaire- business » contre l’intérêt des usagers qui sont toujours les payants (prix, retards, durées des trajets, confort) et de l’écologie, etc.
  • Dans le fonctionnement au quotidien on aboutit à une pagaille monstre montrant ainsi que les organisations productives mises en place par les X-Mines ne fonctionnent pas dans l’intérêt des citoyens, mais pagaille exploitée par nos princes pour montrer à contrario que le service public est devenu inapte et qu’il faut privatiser encore plus.

C’est pourquoi, l’UFAL estimant que le transport ferroviaire constitue un service public dans l’intérêt des familles, dans l’intérêt d’une société plus économe en énergie, car moins de train signifie plus d’utilisation des voitures personnelles, demande que les syndicats revendiquent auprès des partis de gauche dans le cadre des prochaines élections l’inscription noir sur blanc de la socialisation de la SNCF + RFF dotés de toutes les responsabilités adéquates, c’est à dire confiée la gestion de la nouvelle entreprise aux salariés (et non à une oligarchie de corps d’État), aux usagers représentés dans le nouveau conseil d’administration, nouvelle organisation productive fonctionnant suivant une hiérarchie élue et rendant compte à la société civile et au gouvernement en place.

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