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Lors de la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy avait prononcé à Angers un excellent discours sur l’école. Judicieusement conseillé par celui qui jouait alors le rôle d’éminence grise, Henri Guaino, Nicolas Sarkozy avait su s’adresser à l’opinion qui, en France, reste très attachée au modèle républicain. Dénonçant « l’hypocrisie du bac qu’on brade peu à peu », « l’hypocrisie des grandes écoles qui accueillent moins d’enfants d’ouvriers et d’employés aujourd’hui que dans les années 50 », « l’hypocrisie de l’école à deux vitesses », Nicolas Sarkozy avait rappelé l’école à ses fondements républicains et à sa mission qui est de transmettre à chacun le savoir qui permet d’acquérir l’esprit critique et d’exercer, comme le soulignait Robespierre, toutes ses facultés.

Sans aucune concertation préalable, sans même avoir laissé le temps aux différents UFR concernés par la préparation aux concours d’examiner cette offre de formation au point que l’immense majorité des enseignants-chercheurs en ignore jusqu’à l’existence, l’IUFM de Créteil prétend imposer aux Universités de l’Académie la création d’un « Master des métiers de l’enseignement et de l’éducation » qui ne tient aucun compte des contraintes contextuelles et politiques ni des souhaits – maintes fois exprimés par les responsables des différentes disciplines – de préserver la dimension scientifique de la formation des maîtres. Une offre de formation qui ne tient aucun compte, pour couronner le tout, des besoins et des intérêts des candidats et des étudiants.

La Lettre aux éducateurs de Nicolas Sarkozy, publiée à la rentrée scolaire, est exemplaire de sa façon de faire : discours flatteur et contradictoire. Écrite dans un bon français agréable à lire, preuve que Sarkozy n’en est pas l’auteur, elle est faite pour tromper.
Voyons-en quelques aspects.

La matinée est belle, l’ambiance est détendue. Madame le Proviseur accueille, en ce jour de pré-rentrée, les 175 professeurs d’un lycée de banlieue parisienne. Les politesses d’usage et les bons voeux passés, Madame le Proviseur annonce fièrement les résultats du baccalauréat, qui, dans cet établissement chic, flirtent avec les 100 %.

Nos lecteurs et collègues ont peut-être lu la Lettre aux éducateurs, du président de la république, envoyée à domicile et à grands frais chez tous les enseignants, pour un coût d’environ 500 000 euros…. alors que le texte était sur internet et faisait déjà fleurir les commentaires perplexes ou courroucés. La moindre des critiques portant sur la somme gaspillée, qui eût certainement été mieux employée en bourses d’études, entretien de bibliothèques, et autres dépenses plus utiles.