Après le report indigne de leurs examens qui devaient avoir lieu du 1er au 3 avril, c’est aujourd’hui que débute au Sénat le débat sur les lois sur la fin de vie.
La proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs (PPL Vidal) ne devrait pas rencontrer de difficulté pour son adoption, mais il n’en va pas de même pour la proposition de loi relative au droit à l’Aide à mourir (PPL Falorni).
Si le texte adopté par l’Assemblée nationale, même insuffisant à nos yeux, permettait d’entrevoir un espoir pour toutes les personnes souffrantes dans des situations sans issue, il n’en sera pas de même avec le texte n°587 qui sera présenté demain, issu des travaux de la commission des Affaires sociales du Sénat.
En effet, c’est la grande marche en arrière qui s’opère. Cédant à la panique morale orchestrée par les lobbys pro-vie et anti-validiste, le texte proposé vide de toute substance la proposition de loi et ne vise qu’à toiletter la loi Claeys Leonetti, qui semble bien suffisante à nos chers sénateurs.
Le rapport de la commission ne fait que relayer les pires arguments déployés par les groupes de pression conservateurs (ou pas), qui ne visent qu’à cliver et à empêcher la sérénité des débats en opposant deux modalités qui, dans d’autres pays, ont pu démontrer leur parfaite complémentarité pour répondre aux besoins et aux souffrances des citoyens à l’approche de leur fin de parcours de vie.
Plus inquiétant, l’appel à la « responsabilité » lancé le 5 mai par le fameux collectif « Démocratie, Éthique et Solidarités » a été parfaitement entendu par les conservateurs au Sénat : ce ne sont pas moins que 700 amendements qui ont été déposés (le double que lors du précédent examen) dont pas loin de 450 pour le seul groupe parlementaire LR.
L’UFAL apporte donc son soutien aux sénatrices et sénateurs qui vont devoir affronter ces prochains jours la force d’inertie conservatrice et continuera d’œuvrer au côté des associations de malades (travail de fond remarquable réalisé par France Asso Santé) et de soignants (Pour un accompagnement soignant solidaire) pour faire entendre la voix de la raison contre celles et ceux qui agitent l’émotion pour tuer le débat.