Pour défendre la loi de 1905, il faut unir les laïques et non les diviser

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L’UFAL, reçue le 8 janvier dernier par le ministre de l’Intérieur et le Secrétaire d’État, leur a fait connaître, comme les 6 autres associations laïques présentes, son opposition à la réforme envisagée de la loi de 1905. Le communiqué de presse publié à cette occasion, constatant l’unanimité des associations présentes, regrettait d’autant plus que la plupart d’entre elles n’aient pas souhaité rédiger un communiqué commun, comme l’UFAL le leur proposait. C’était évidemment leur droit le plus strict.

Néanmoins, deux d’entre elles, la FNLP et le CNAFAL, ont profité de leurs comptes-rendus pour s’en prendre à d’autres associations, principalement l’UFAL, sans hésiter à déformer leurs propos voire à manier l’insulte. C’est créer la division aux cris de « non à la division » ! Plus qu’une faute, c’est une erreur politique grave, alors que les positions des uns et des autres étaient pour une fois parfaitement convergentes, sur un sujet qui appelle une action laïque large et énergique.

La FNLP, coutumière de la grossièreté à notre égard, a ouvert le feu dans un éditorial du 10 janvier, non sans, au passage, servir la soupe au ministre et à l’Observatoire de la Laïcité. Entre autres associations critiquées, l’UFAL était accusée, au mépris des faits, de « division », voire de « forfaiture » pour avoir participé à la signature de deux textes qui pourtant, selon la FNLP elle-même « sont sur la même revendication » : comprenne qui pourra. Le culte de la division n’a que faire de la logique.

Oui, l’UFAL, soucieuse de la recherche de l’unité, a participé à la fois à la déclaration commune préparée à la Ligue de l’Enseignement, et à l’appel des 113 émanant du Collectif laïque national (et non d’un « cabinet noir » !). Aucun « court-circuitage » là-dedans, bien au contraire : il y a complémentarité et non-concurrence. Car c’est un fait que toutes les associations laïques ne sont pas encore prêtes à signer côte à côte les mêmes textes. Il faut d’ailleurs beaucoup d’abnégation à l’UFAL pour le faire aux côtés de la FNLP qui l’insulte régulièrement… Mais l’unité est sans doute à ce prix : l’UFAL tient à y contribuer, maillon après maillon. C’est ainsi qu’elle a recommencé à travailler ponctuellement avec la Ligue de l’Enseignement, sans dissimuler nos divergences, tout en participant depuis toujours au Collectif laïque national. Ce qui nous divise culturellement, politiquement, voire historiquement ne doit pas faire obstacle à ce qui peut nous rassembler sur des objectifs précis.

Le CNAFAL, autre association familiale laïque présente à la réunion, a cru bon d’emboîter le pas à la FNLP dans un compte-rendu venimeux à l’égard de l’UFAL. Ne pouvant éviter de publier le droit de réponse (encadré ci-joint) que nous lui avons adressé, il a rajouté à la suite, et in extenso, les insultes de la FNLP. Un nouveau front uni s’ouvrirait-il ? Seul mot d’ordre, bien mince : feu sur l’UFAL ! Triste spectacle offert par le CNAFAL de la concurrence des deux associations familiales laïques !

Enfin, toujours postérieurement au droit de réponse de l’UFAL, le CNAFAL soutient avoir, en compagnie de la FNLP et de la LICRA, « formellement refusé de signer un communiqué commun avec l’UFAL, compte tenu de ses positions dissonantes » — accusation dépourvue de tout fondement, comme on peut s’en assurer en relisant notre communiqué cité plus haut ! Mais « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ». Mieux encore, le seul refus formel de signature commune reçu par l’UFAL émanait de la LICRA, qui le justifiait par « des textes qui détournent [ses]propos de façon inadmissible »… ce qui est le cas de l’éditorial de la FNLP ! La LICRA n’a donc rien à voir avec le mini front-commun anti-UFAL du CNAFAL et de la FNLP. Un tel art de la manipulation relève du sabotage.

Cette occasion manquée ne détournera pas l’UFAL de son action pour l’unité la plus large des laïques. Encore faudrait-il qu’un minimum de savoir-vivre règne entre les associations concernées : les divergences ne justifient ni la grossièreté ni les falsifications. Diviser, c’est renoncer au combat.

Droit de réponse de l’UFAL au CNAFAL

Cher camarade Bonnemayre,

Votre compte-rendu de la rencontre de 7 associations laïques avec le ministre de l’intérieur du 8 janvier paru sur le site du CNAFAL me met personnellement en cause et déforme mes propos. Je vous demande donc, au titre du droit de réponse, de publier les précisions suivantes, que je veux courtoises.
Je n’ai jamais dit avoir été l’initiateur de l’appel des 113, mais seulement indiqué que l’UFAL faisait partie des associations à son origine (au sein du Collectif laïque national). À titre informatif, je vous signale que j’ai en revanche participé à la rédaction du communiqué adopté lors d’une réunion à la Ligue de l’Enseignement, que le CNAFAL a signé comme l’UFAL — le regrettez-vous ?
J’ai rappelé trois modifications essentielles ayant touché le contenu de la loi de 1905 : outre la « loi » de Pétain du 25 décembre 1942, ce sont la création des associations diocésaines en 1923, et l’ordonnance [non le « décret »]du 21 avril 2006 autorisant la construction de lieux de culte par bail emphytéotique administratif. Ces mesures (en particulier la dernière) ont hélas échappé à notre vigilance laïque à tous.
Même si un bilan par la Cour des comptes des subventions aux cultes est une excellente idée, revendiquée d’ailleurs par le Collectif laïque national, ce n’est pas la demande que j’ai formulée. J’ai seulement indiqué que je doutais fortement, connaissant bien les juridictions financières pour en avoir été membre, qu’elles aient les moyens de contrôler réellement les finances des multiples associations cultuelles. Il en va de même des autres organismes administratifs ad hoc.
Je ne pense pas avoir demandé un « bilan du CFCM », celui-ci étant largement reconnu insuffisant.
J’ai surtout compris que le ministre avait peu apprécié mes questions précises, auxquelles il n’était visiblement pas en mesure de répondre. Je relève que vous reprenez à votre compte l’expression de sa mauvaise humeur, mais en l’aggravant (suivant en cela une autre association présente le 8 janvier, coutumière de la discourtoisie ciblée à l’encontre de l’UFAL).
Vous êtes libre de vos appréciations négatives sur ma personne, qui, je vous rassure, ne m’émeuvent que modérément. Néanmoins, à travers moi, c’est à l’UFAL que vous vous en prenez publiquement. Pensez-vous que les associations familiales laïques puissent aujourd’hui se payer le luxe de préférer la concurrence à la coopération ? L’UFAL, pour sa part, s’est toujours refusée à ce genre de polémique personnelle et secondaire, que ce soit à votre égard, ou à celui du CNAFAL.
Au-delà, il est regrettable que soit ainsi créée et affichée une division entre laïques, alors que, pour une fois, leurs associations se sont exprimées d’une même voix, demandant que le gouvernement renonce à modifier la loi de 1905, et recoure à d’autres moyens pour résoudre les questions de transparence financière et de respect de l’ordre public. C’est une occasion manquée, qui ne peut qu’affaiblir les combats à mener.
Recevez, cher camarade Bonnemayre, mes salutations laïques.

Charles Arambourou (et non Arramburu)
Union des familles laïques

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