Message de l’UFAL à l’occasion de la 12ème journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité.

Chers amis,

Je suis ici pour vous apporter les salutations fraternelles des membres de l’Union des Familles Laïques (UFAL).
L’Union des FAmilles Laïques est une association familiale au sens de l’article L211-1 du Code de l’action sociale et des familles et l’un des sept mouvements à recrutement général de l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF).

L’UFAL est une association agréée :
– Jeunesse et Éducation populaire, par le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative.
– pour la représentation des usagers du système de santé dans les instances hospitalières ou de santé publique, par le ministère de la Santé.
– Certaines UFAL départementales possèdent l’agrément « Association de consommateurs ».

Le rôle de l’UFAL est de :
– définir et de défendre les droits et les intérêts matériels et moraux des familles, de les représenter en toutes circonstances, d’agir en leur nom et d’intervenir, notamment auprès des pouvoirs publics, des organismes semi-publics, des collectivités et des institutions publiques ;
– d’agir avec tous les partenaires constitutifs de la vie sociale, en vue de garantir les droits matériels et moraux des familles et de l’enfant, dans le respect de la laïcité, de l’État et de la société.

Les principes défendus par l’UFAL :
L’UFAL considère la famille comme une construction sociale qui regroupe des personnes en fonction de leurs désirs, de leur histoire et des contraintes de leur environnement économique et social. De ce fait, l’UFAL entend s’intéresser à toutes les familles et aider toutes celles qui en ont besoin, sans discrimination et dans la diversité des choix librement consentis.

Pour l’UFAL, la laïcité est certes un cadre juridique, applicable à tous et garantissant la liberté de conscience. Elle assure le respect de la pluralité du paysage familial et de la réalité des modes de vie et donc de fin de vie, garantissant ainsi l’égalité en droit de tous les citoyens.

Bien avant d’être appliquée à la « sphère publique », la laïcité est apparue comme une conviction philosophique, fille des Lumières.

La laïcité constitue dès l’origine une « conviction paradoxale » : elle n’en professe aucune pour les permettre toutes.
C’est bien pour cela que les militants de l’UFAL savent que la fin de vie et le droit de mourir dans la dignité est un combat laïque comme que le sont les modalités d’organisation des obsèques.

Nous affirmons la liberté de chacun à prendre les décisions concernant sa propre vie et sa propre mort.

S’agit-il d’une transgression ?

La vie a-t-elle un caractère sacré ?

Puisque nous pouvons admettre que la liberté puisse être supérieure au respect de la vie alors admettons que la liberté sur sa propre vie soit enfin reconnue et devienne un droit. Pour nous, ce qui doit être considéré comme «sacré», c’est l’autonomie et la dignité de la personne humaine.

Dès lors, il faut expliquer clairs sur ce que l’on entend par « dignité ».

Pour l’Église Catholique par exemple, la dignité subordonne la liberté et l’égalité, et réside dans des droits personnels, ce qui est en totale opposition avec les valeurs républicaines que nous promouvons, et avec les Droits de l’Homme et du Citoyen, que nous défendons.

Avec cette conception, il ne reste plus qu’à un groupe de pression dogmatique, d’essence religieuse ou non, à imposer un contenu à cette dignité pour prétendre défendre l’intérêt des individus au nom de valeurs censées s’imposer à tous.

Toutes sortes de dérives peuvent dès lors s’imaginer.

Tel groupe fera pression pour restreindre la liberté de certains au nom de la dignité.

Tel autre groupe justifiera l’enfermement des femmes de sa communauté pour que leur dignité soit respectée, c’est-à-dire les soustraire aux regards des hommes.

Il est donc nécessaire de donner corps à la dignité laïque, et d’affirmer que nul ne doit pouvoir définir et imposer sa conception de la dignité de l’être humain aux autres en dehors d’un cadre démocratique à visée universelle.

La dignité réside dès lors dans l’autonomie et la promotion de l’autonomie de la personne.

Si l’exercice de la liberté doit se faire dans le respect de la dignité de chacun, la détermination de cette dignité doit se faire dans le respect de l’autonomie de chacun.

La dignité est une valeur intrinsèque, elle ne se négocie pas, elle ne s’achète pas, car elle relève de ce qui n’a pas de prix. Elle se respecte.
Ce sont donc les conditions d’accès à ce respect qui doivent être au coeur du débat. Et en défendant le respect de la dignité, c’est donc bien la défense du respect de la liberté et du libre-arbitre qu’il faut viser. Alors, peut-être, nous pourrons avancer.

Nous considérons que le combat pour la légalisation de l’euthanasie et du suicide médicalement assisté s’inscrit dans la tradition humaniste inaugurée par les Lumières.

Mais nous savons bien que le droit de mourir dans la dignité comme l’humanisme sont constamment mis en cause parce qu’il va à l’encontre des dogmes de certaines vérités révélées religieuses que les bigots voudraient imposer à tous.

C’est pour cela que je suis ici aujourd’hui pour affirmer notre solidarité et fraternité dans votre action.

Ensemble nous sommes plus forts car beaucoup reste à faire pour être libres.