Un mauvais coup contre l’école publique

Communiqué du Collectif laïque national dont est membre l’UFAL

La Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE), parmi son matériel de propagande en vue de l’élection des représentants de parents d’élèves dans les Conseils d’écoles, a cru devoir proposer une affiche à caractère provocateur qui remet en question le principe de laïcité de l’école publique.

Une jeune femme maquillée et souriante y fait la publicité en faveur du port du voile en accompagnement scolaire.
Le slogan désinvolte « oui, je vais en sortie scolaire, et alors ? » incite à relativiser et à banaliser ce comportement.

Cette véritable propagande de la FCPE pour le port du voile en sortie scolaire cible une catégorie particulière de la population à raison de ses opinions politico-religieuses – car cet affichage revendicatif est bien le fait d’une campagne de l’islamisme politique pour entrer de force dans la sphère publique. C’est une offensive qui est menée depuis 30 ans ; elle a débuté par l’affaire des collégiennes voilées de Creil. Ce conflit a été résolu par la loi du 15 mars 2004.

Une campagne électorale ne justifie pas que l’on flatte les logiques communautaristes.

Quand il s’agit de sorties à caractère scolaire, comme pour les autres activités d’enseignement, la neutralité religieuse et politique est une obligation de l’encadrement, conformément à la Constitution qui dispose que l’école publique est laïque.

Ce que cette école doit respecter, c’est d’abord la liberté de conscience de l’ensemble des élèves, liberté qu’elle contribue à former hors de toute pression extérieure ; c’est en cela que la laïcité protège.

Le Collectif laïque national s’indigne qu’une association qui, depuis son origine, se réclamait de la laïcité, s’adonne ainsi au clientélisme communautariste.

Il convient de mettre fin à l’équivoque entretenue sur le statut des « collaborateurs occasionnels du service public » que sont les accompagnateurs de sorties scolaires. Pour sortir des atermoiements administratifs des divers ministres, seule la loi républicaine permettra d’appliquer le principe laïque constitutionnel.

PS : Le CLN a soutenu la motion des DDEN concernant les « accompagnateurs de sorties scolaires » (Communiqué du 19 juin 2019).

Paris, le 25 septembre 2019

ASSOCIATIONS SIGNATAIRES

Association des libres penseurs de France (A.D.L.P.F)Fédération française du Droit Humain
Agir pour la Laïcité et les valeurs
républicaines
Grande Loge Féminine de France
Association Européenne de la Pensée Libre (AEPL)Grande Loge Mixte Universelle
Association Laïcité LibertéGrande Loge Mixte de France
C.A.E.D.E.L.
Mouvement Europe et Laïcité
Grand Orient de France
Le chevalier de la BarreLa Ligue du Droit International des Femmes (LDIF)
Comité 1905 Auvergne Rhône AlpesLibres MarianneS
Comité 1905 PACAObservatoire de la Laïcité de Provence (O.L.P.A)
Comité Laïcité RépubliqueObservatoire de la Laïcité de Saint
Denis (O.L.S.D)
Conseil National des Associations Familiales
Laïques (C.N.A.F.A.L)
Union des FAmilles Laïques (U.F.A.L)
EGALERegards de Femmes
Fédération Nationale des Délégués
Départementaux de l’Education Nationale (DDEN)



3 commentaires

  1. François Braize sur

    Entièrement d’accord avec vous ! Mais en me démarquant sur le plan du droit.
    Il faut en effet préciser (en complément de vos analyses)  que le code de l’éducation tranche déjà la question de l’applicabilité du principe de laïcité aux accompagnateurs de sorties scolaires, fussent-ils des mamans. Ce que tout le monde semble oublier ou fait semblant d’oublier.
    En effet le code de l’éducation (parte législative) soumet au prescriptions du principe de laïcité l’ensemble de ce qu’il dénomme la « communauté éducative » ce qui ne peut qu’englober les parents qui s’associent au fonctionnement du système éducatif quel que soit dans ce cadre leur statut (représentant élu dans certaines instances, accompagnateur collaborant bénévolement, etc.).
    Si la volonté politique existe nous avons donc déjà (donc sans loi nouvelle) les moyens juridiques d’imposer la neutralité laïque à toute la communauté éducative. Mais, disons le, cette volonté politique n’existe pas et les incertitudes alléguées du droit, au demeurant au surplus lorsqu’il est méconnu et qu’elles sont inventées,  deviennent l’alibi de toutes les lâchetés ou démagogies. Lamentable est le lot qui vient à l’esprit et bien au delà de la FCPE.
    Pour plus de développement voir à ce sujet notre article collectif
    http://www.slate.fr/story/95391/laicite-ecole-parents-signes-religieux 

  2. Sur le fond (pas de signes religieux ostentatoires )je suis entièrement d’accord ,mais le manque de réactivité de l’État « laïc  » , pour les continuelles provocations de Maires exposant des crèches dans les Mairies , …crée des précédents

  3. Après l’UNEF, maintenant la FCPE, la chasse aux adhésions n’est plus incompatible avec la trahison des valeurs laïques, fondement de notre République et flatte les plus bas instincts communautaristes.