La chose publique ou la res publica

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On parle souvent des « républicains des 2 rives » pour désigner 2 familles de pensée partageant des valeurs communes, au delà d’un clivage gauche-droite.

Il est toujours plus facile de lutter « contre », que de bâtir « pour », à gauche comme à droite. Comme nous voulons proposer des alternatives dans le domaine de la santé, il est indispensable de savoir avec qui travailler, et pourquoi travailler ensemble. Il ne faut pas se laisser abuser par des étiquettes qui ne représentent plus la même chose, car le monde a changé.

L’implosion de l’Union soviétique, fin des années 1980, a marqué le passage à une nouvelle étape du capitalisme, le « turbocapitalisme ». La droite française ne peut plus s’appuyer sur la bourgeoisie nationale comme au temps du gaullisme ; mais elle s’appuie maintenant, et elle est aux ordres, d’une bourgeoisie internationale ou compradore. Il ne peut plus y avoir de républicains de droite, car il n’y a plus de place à droite pour une force politique appuyée sur le bourgeoisie nationale.

Pour nous qui souhaitons le rassemblement des laïques et des républicains de gauche et d’extrême-gauche, il devient nécessaire de préciser ce qu’est la RES PUBLICA, « la chose publique ».

Il faut peut être définir, maintenant, les républicains par le « périmètre » de la Res Publica.

La Res Publica : la chose publique

Elle comprend :

  • l’organisation politique de notre « vivre ensemble »,
  • la propriété collective de « nos biens communs » et le respect de « droits fondamentaux ».

Cette définition de républicain s’appuyant sur les périmètres de la « chose publique » permet de situer les républicains dans un processus, un mouvement et non plus dans des camps retranchés (les rives) avec une frontière (rivière) plus ou moins profonde.

Les républicains sont des citoyens contre la loi de la jungle qui veulent des règles intangibles pour organiser la société humaine. Ces règles définissant l’organisation républicaine peuvent être différente. Quelle république : la 3ème, la 5ème… ou la 6ème?

A l’UFAL, nous nous réclamons du socialisme de Jaurès qui est la République poussée jusqu’au bout. Nous sommes pour la République sociale, basée sur les principes de liberté, égalité, fraternité, laïcité, démocratie, solidarité, sûreté, souveraineté populaire, développement durable….

La laïcité

La laïcité est une valeur fondamentale de la République.

Séparer la sphère publique de la sphère privée soustrait l’organisation politique publique de l’Etat aux influences privées, qu’elles soient influences religieuses, ou influences marchandes.

Séparer la sphère publique de la sphère privée soustrait les biens communs permettant l’exercice des droits fondamentaux à l’appétit du marché. Elle contraint le capitalisme.

A l’UFAL, nous sommes républicains, contre le libéralisme et contre la marchandisation des droits fondamentaux. Nous sommes pour des services publics permettant l’égalité des citoyens et une redistribution des richesses indispensable à la cohésion sociale. Nous sommes pour la laïcité économique qui sépare la sphère publique de la sphère privée marchande.

Le financement public de services publics redéfinis doit être sous contrôle des citoyens. Ce n’est pas le fait de recevoir un financement public qui définit des missions ou des délégations de services publics : c’est le fait de répondre à des besoins essentiels du « public », de manière universelle, qui exige un financement public sous contrôle citoyen de services publics redéfinis et élargis.

Les services publics c’est la République ! C’est pourquoi l’UFAL est membre de Convergence nationale des Services publics et des Etats généraux de la santé et de l’assurance-maladie (EGSAM).

La démocratie : participative ? représentative ?

Nous entendons sans cesse parler de « démocratie participative », particulièrement en cette période électorale ; à tel point que l’on peut penser que c’est la forme la plus évoluée de démocratie.

Pour faire « démocratie participative » dans le domaine de la santé, nous assistons à un phénomène d’agrément d’associations de malades visant à donner une visibilité et une représentation de groupes supposés oubliés ou méprisés par la puissance publique. En fait, nous assistons à l’avènement des lobbies et d’un communautarisme particulièrement pervers, dressant des groupes de malades les uns contre les autres, pour un strapontin de représentation (sans réel pouvoir de décision) ou l’obtention de subventions (de tout manière insuffisantes). Ce qui devient dans un tel système aptitude à représenter, c’est la différence.

Ça permet de masquer les responsabilités et d’obtenir une adhésion de façade qui rend complice de la casse sociale.

Faut-il rappeler que les républicains sont pour la démocratie représentative? Participation aux discussions ET vote sur des projets, avec des élus représentants l’intérêt commun et non ceux de leur groupe d’appartenance.

L’UFAL a obtenu « l’agrément santé ». Elle entend représenter dans le domaine de la santé, tous les citoyens et leurs familles, les malades comme les biens portants, et défendre nos intérêts communs. Nous utiliserons cet agrément pour défendre des droits universels, pas pour le discrimination positive, pas pour cautionner la charité institutionnelle.

L’UFAL a obtenu « l’agrément éducation populaire ». Mouvement d’éducation populaire, nous voulons donner aux citoyens la connaissance de leur droit et défendre leur pouvoir de décider dans le domaine de la santé, pour faciliter de manière novatrice « l’émergence du public ». C’est ainsi que l’UFAL participe à l’action pour promouvoir une loi protégeant les enfants atteints de cancer dans les essais cliniques.

Rejoignez l’UFAL, mouvement laïque d’éducation populaire, républicain antilibéral de gauche.

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