Hausse du prix du gaz : le choix de la précarité énergétique pour remplir les poches des actionnaires

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Le gouvernement avait décidé de geler le prix du gaz au 1er juillet passant outre les règles d’établissement de ce prix déterminées par… lui-même. Les plans de rigueur se succédant, il prolonge le gel pour un trimestre supplémentaire fin septembre par un arrêté qui a été retoqué par le Conseil d’État pour des motifs juridiques, dit autrement parce que le gouvernement est décidément incapable de prendre une quelconque mesure un tant soit peu sociale.

La soif des actionnaires de GDF-Suez sera donc rassasiée et le cours de l’action peut repartir à la hausse. C’est que la situation était grave, le gel des tarifs gaziers avait privé le groupe privatisé de près de 110 millions d’euros au troisième trimestre, et la prévision était de 290 millions d’euros pour le quatrième trimestre. Ouf, GDF-Suez a pu rassurer ses actionnaires : le dividende ne baissera pas durant les deux prochaines années. Il était temps car la multinationale est confrontée à un autre problème : la hausse de la taxe sur le nucléaire en Belgique, qui va lui coûter 250 millions d’euros pour éponger le déficit public belge. Il était donc temps de pouvoir à nouveau faire les poches des ménages qui sont de plus en plus nombreux à ne plus pouvoir joindre les deux bouts et à devoir arbitrer entre les dépenses de chauffage et d’alimentation ou d’habillement.

L’augmentation qui se profile, qui devrait se situer autour de 4,5 %, n’est pas la première de l’année et elle ne repose sur aucune réalité économique, car, comme les précédentes, elle ne correspond pas aux variations du coût d’approvisionnement en gaz naturel de GDF-Suez, il n’y a d’ailleurs aucune « crise » du gaz ou raréfaction de la ressource. Et ce n’est pas la vague annonce d’une extension des tarifs sociaux qui atténuera la facture du plus grand nombre.

Pour enrayer l’explosion de la précarité énergétique qui touche près de 4 millions de foyers, la solution est simple, il faut rétablir un service public de l’énergie, vite !

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