Sortie d’UFAL Info n°80 : Familles et cohésion sociale

Le dernier numéro d’UFAL Info intitulé « Familles et cohésion sociale » vient de paraître. Vous pouvez vous le procurer dans la boutique en ligne de l’UFAL.

Au sommaire de ces 32 pages :

  • Des solidarités familiales au socialisme laïque, Nicolas Pomiès
  • Quelle politique familiale pour le XXIe siècle ?, Olivier Nobile
  • Décrochage scolaire : une problématique familiale ?, Christian Gaudray
  • Familles et laïcité, Charles Arambourou
  • Sur les fêtes et cérémonies laïques, Charles Conte
  • Donner la vie, choisir sa mort, Philippe Foussier
  • Lettre à un chrétien progressiste, Charles Arambourou
  • Contre le monde moderne : le postmodernisme et le rejet des Lumières, Stéphane François
  • Encart central : L’UFAL est toujours Charlie / Carnets d’UFAL

Edito de Nicolas Pomiès, rédacteur en chef

De la solidarité à la convivialité laïque !

Il ne se passe pas un jour sans que ne soit publié un indicateur de l’accroissement des inégalités sociales et de la paupérisation croissante d’une part de plus en plus importante des classes populaires.
En 2017, les 10 % des personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 11 190 euros annuels (soit 932 euros par mois). À l’autre bout de l’échelle, les 10 % des personnes les plus aisées ont un niveau de vie supérieur à 38 810 euros. Les 20 % les plus modestes détiennent seulement 8,9 % de la somme des niveaux de vie. Entre ces pôles se trouvent 80 % des français qui vivent autour du niveau de vie médian de la population qui s’élève à 20 820 euros annuel avant paiement des prélèvements directs et réception des prestations sociales. Des prestations financées soit par l’impôt comme l’est le revenu de solidarité active (RSA), soit par la Sécurité sociale (donc les salaires) comme les aides aux actifs à bas revenu, ou des taxes impactant les salariés comme la CMU. La solidarité nationale incarnée pat l’impôt et la solidarité sociale directement issue des salaires sont des mécanismes de luttes contre la misère et le déclassement social. Pourtant, ces redistributions sociales sont dans le viseur du gouvernement. La croyance néolibérale consiste à rompre avec les sécurités sociales pour libérer les énergies !
C’est la liberté du renard dans un poulailler où certaines poules vont pouvoir s’assurer chez AXA et prétendre devenir des coqs mais finiront tout de même avec leurs sœurs de classe. Le monde assurantiel isole, avec ses fonds de pensions spéculatifs et ses techniques actuarielles. Sa limite ? Sa rentabilité avec comme objectif la lucrativité. Alors que tout le projet républicain consistait à diluer les liens sociaux pour fonder l’association politique, le néolibéralisme procède à l’individuation. Le Président Macron n’a-t-il pas dit « je vais faire un constat qui est de dire : on met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif. Toute notre politique sociale, c’est qu’on doit mieux prévenir – ça nous coûtera moins, ensemble – et mieux responsabiliser tous les acteurs ». Il faut dire que les prélèvements fiscaux et leur redistribution comme les frais d’administration de la Sécurité sociale ressortent du Pacte de stabilité et de croissance (PSC) européen et de la fameuse règle d’or des 3 % du PIB maximum de déficit budgétaire. Il faut donc faire reculer les solidarités susceptibles de peser sur nos engagements européens. Grande est alors la tentation de remplacer les solidarités publiques par la solidarité familiale. Le voilà le grand remplacement ! Ainsi les pouvoirs publics pourraient-ils avoir tendance à surévaluer les capacités réelles des familles. Il est donc nécessaire de bien évaluer les ressources tangibles des individus et la dynamique des pratiques de solidarités familiales, c’est-à-dire leurs spécificités et limites par rapport aux ressources publiques.
L’individuation et l’isolement des personnes ainsi que l’affaiblissement de l’école de la République s’accompagnent par une forme d’acculturation dont les familles sont aussi le foyer. Nous vivons le paroxysme décrit par Régis Debray en 1979 dans « Lettres aux communistes français et à quelques autres » qui expliquait que « devant la télévision, nous sommes tous paysans parcellaires : nous demandons un Bonaparte, et nous finirons par l’avoir ». Dès cette époque, l’écran était analysé comme un outil d’acculturation détruisant le lien social. 40 ans plus tard, un écran est dans chaque poche pour le meilleur et pour le pire !
Le retrait du projet républicain entraine la tentation identitaire et renforce les communautarismes. Un État qui abandonne son peuple, c’est cela le véritable séparatisme. Contre cette régression, le manifeste initial de l’Ufal déclarait que « la compétition ou la concurrence ne peuvent pas être les principes régulateurs de la vie sociale moderne » et de réclamer l’instauration du principe de solidarité avec comme boussole le socialisme laïque. Mais est-ce possible dans une France privée d’une partie de ses attributions régulatrices transférées à l’Union Européenne ? Une autre Europe est-elle possible ? L’ancien président François Hollande est certain « qu’il ne s’agit plus de rêver d’une Europe nouvelle, il faut poursuivre les ambitions de l’ancienne » . On comprend que l’État ne sera plus le régulateur d’antan. Les laïques doivent donc en complément de leurs analyses et revendications, investir le champ social et mettre en œuvre par eux-mêmes l’éducation populaire, l’action sociale et une forme de vie culturelle qui fédèrent le peuple.
Nous voulons pour tous la dignité qui passera aussi par la création d’une convivialité laïque !

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