Réforme de la Miviludes : la lutte contre la radicalisation islamiste ne doit pas ouvrir la boîte de Pandore des sectes et autres groupes du « religious business »

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) va subir une restructuration telle qu’en fait elle va disparaître. Rattachée jusqu’alors au Premier ministre, il est prévu que dès janvier 2020, elle devienne un service du ministère de l’Intérieur en fusionnant avec le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR).

Cette mesure fait suite à un rapport de 2017 de la Cour des comptes qui avait préconisé le rattachement au ministère de l’Intérieur dans un souci d’économie. 

Les moyens du nouveau service vont considérablement baisser en passant de quinze conseillers qui composaient la Miviludes, à trois ou quatre fonctionnaires dans la nouvelle configuration.

Pourtant la Miviludes a depuis sa création démontré son utilité au service des familles contre l’emprise sectaire. Récemment, elle a participé à révéler l’affaire du Fonds Josefa, cette association mystique liée à Henri Joyeux qui a procédé à des essais cliniques interdits sur 350 malades de Parkinson et Alzheimer. Elle surveille de près l’installation de la scientologie (qui a investi 33 millions d’euros dans un nouveau siège de 7 000 mètres carrés à Saint-Denis en face du Stade de France. Elle est actuellement très efficace sur le suivi de la galaxie anthroposophe qui dispose visiblement de relais dans plusieurs ministères et administrations de l’État. L’UFAL s’inquiète des déclarations du dernier président de la Miviludes qui a indiqué avoir été contraint de retirer les analyses des pratiques pseudo-médicales de l’anthroposophie de son rapport 2016-2017 et de sa réédition du Guide Santé, et subi de la part du cabinet du Premier Ministre des pressions pour rester en « stand-by » sur l’anthroposophie.

La fusion avec le CIPDR ne serait-elle pas un moyen de satisfaire des groupes de pression gênés par son action indépendante que lui octroyait son statut interministériel rattaché au Premier Ministre ? La focalisation sur la lutte contre la radicalisation islamiste n’ouvrira-t-elle pas la boîte de Pandore de tous les groupes sectaires ?

C’est pour éviter cela que l’UFAL demande non seulement l’arrêt de la dissolution de fait de la Miviludes,  mais réclame sa transformation en une Autorité Administrative Indépendante (AAI) disposant des moyens budgétaires nécessaires pour conduire son action sans subir les pressions des groupes religieux et/ou commerciaux.

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