Violences faites aux femmes : réflexions à la suite du 25 novembre

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À la veille de la Journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le mouvement #NousToutes appelait à une marche le 24 novembre 2018, laquelle a connu une large mobilisation.

L’UFAL a remarqué que seules deux organisations féministes se sont tenues à l’écart de cette initiative en publiant des communiqués qui se rejoignent totalement et pour des raisons que nous ne pouvons qu’approuver. L’analyse de Ni Putes Ni Soumises (NPNS, voir le communiqué du 15 novembre) et celle de Femmes Solidaires (le communiqué du 19 novembre) procèdent du même refus de manifester aux côtés : 1° de mouvements cautionnant l’existence de la prostitution ; 2° de mouvements de type indigénistes et non universalistes.

Cette double ligne de fracture est malheureusement ancienne et l’« union sacrée » des féministes a déjà volé en éclats plusieurs fois à l’occasion d’un 8 Mars. Ce qui se joue ici nous donne l’occasion de préciser la position féministe, laïque et universaliste de l’UFAL en la matière.

Par principe d’abord, nous estimons que les violences dites « au sein du couple » touchent parfois aussi des hommes (16 hommes quand même en 2017 sur les 125 personnes victimes de la violence de leur partenaire ou de leur ex-partenaire) et plus encore des enfants ; une association familiale comme la nôtre ne peut pas éviter de s’interroger sur les risques pathogènes de la famille dès qu’elle n’est pas basée sur le consentement préalable et durable des partenaires, et sur le respect mutuel ; en outre les hommes violents récidivent fréquemment après des peines non accompagnées d’un suivi psychologique et social et voient leur responsabilité trop souvent minorée au nom d’une culture ambiante, parfois intériorisée par les victimes elles-mêmes.

Cette dimension de l’idéologie, l’UFAL la porte au-delà de l’idée qu’il suffirait de lutter « contre les stéréotypes de genre » par de simples injonctions ou interdictions. Par sa dimension émancipatrice, la laïcité nous conduit en effet à voir comment certains dogmes et pratiques des religions monothéistes alimentent le patriarcat, et à les combattre dès lors qu’ils tentent de s’imposer au mépris du libre examen de chacun et chacune. Aujourd’hui, l’un des terrains les plus critiques en France est celui de la jeunesse des zones défavorisées. C’est dans cet esprit que l’association NPNS avait mis au premier plan de son action l’éducation au respect. On se réjouit de voir que depuis 2016, avec une nouvelle direction, ce mouvement renaît après implosion, avec deux axes principaux (voir npns.eu) :l’accueil d’urgence des femmes victimes de violences et l’éducation populaire (formations et interventions dans les établissements scolaires).

Cette dimension d’une éducation populaire laïque de terrain est une urgence, car elle ne produit d’effets que dans un temps long.Malheureusement la réponse des pouvoirs publics n’est pas à la hauteur : que répondent en effet le ministre de l’Intérieur et la Secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes au lendemain des mobilisations ? Qu’il va être créé un« portail de signalement en ligne des violences sexuelles et sexistes »tenu par des policiers et gendarmes (communiqué du 26 novembre),c’est bien, mais peu !
Il faut lire les recommandations du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, dans son communiqué du 22 novembre, pour lire des propositions un peu substantielles : un budget chiffré (500 millions par an) et, pour les associations, des mesures que l’UFAL ne peut que soutenir : renforcer leur action « en augmentant leurs subventions à la hauteur des besoins estimés, en programmant leur financement sur la durée des plans contre les violences, en permettant le développement des financements hors projets ».

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