Dépendance : La majorité sénatoriale contre la solidarité

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Mercredi 26 janvier, la mission d’information du Sénat sur la prise en charge de la dépendance et la création du cinquième risque a présenté ses conclusions : la commission propose, comme il fallait s’y attendre, de faire payer la dépendance par… les dépendants.

Deux propositions et une annexe :

1. Prélever sur la succession une somme qui serait (pour le moment) fixée au maximum à 20 000 euros au delà d’un abattement qui se situerait entre 150 000 et 200 000 d’euros. Ce “gage sur succession” rapporterait entre 1 et 1,3 milliard d’euros ? (environ ⅓ des allocataires ont un patrimoine qui dépasse 200 000 euros) pour un coût total de l’APA qui est actuellement de 5 milliard d’euros. Ce gage serait, selon la commission, réparti vers les personnes qui en ont “le plus besoin”.

2. Si la personne âgée souhaite préserver son patrimoine, elle ne touchera plus que 50% de l’APA.

3. En annexe, et sans doute pour les 4 milliards restant, il faudra recourir à l’assurance privée :

– inclure la dépendance dans toutes les complémentaires maladie,
– réorienter l’assurance vie et la retraite complémentaire vers la dépendance,
– mettre en place une aide publique à la souscription d’une assurance pour les plus démunis.

Dans sa grande générosité, la commission propose de maintenir l’APA (ou sa moitié) pour les personnes les moins dépendantes encore à domicile afin d’y privilégier leur maintien. Par contre, elle préconise un mouvement inverse pour celles qui sont hébergées en institution.

L’œuvre  de “détricotage néo-libéral” du principe de solidarité se poursuit, les malades paient pour leur maladie, les dépendants pour leur dépendance. Fini le peuple solidaire, bonjour les consommateurs. “Il n’y a pas de société, il n’y a que des individus” écrivait Hayek. L’UFAL réaffirme son attachement aux valeurs de solidarité exprimées dans le manifeste des Etats Généraux de la Santé et de l’Assurance Maladie (EGSAM) adopté en 2006 à BOBIGNY :

“Répondre aux besoins liés au handicap et au vieillissement des populations en développant un service public de maintien à domicile et de l’hébergement, de soutien aux familles et en assurant la prise en charge à 100% de la perte d’autonomie par l’assurance maladie”.

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