Après le Mediator, à qui le tour ? Les responsabilités d’un système

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Après le Distilbène, le Staltor, la Thalidomide, le Vioxx, l’Isomeride, l’Agreal, après la manipulation sur le virus H1N1 devenu un court moment le danger principal du monde… voici le Mediator.

Combien faudra-t-il de décès pour qu’une réforme apporte enfin un plus en santé publique ? Car tout est simple si on met en lumière les conflits d’intérêt qui existent de bas en haut de toute la chaîne de décisions. Partout, c’est l’industrie pharmaceutique et ses lobbies qui installent leurs hommes et placent l’augmentation du taux de profit des industries pharmaceutiques avant les impératifs de santé publique. Il suffit de vérifier les biographies des ministres et « experts » des différentes commissions dans les appareils d’Etat, à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), etc . Et on voudrait nous faire croire que c’est « la faute à personne » ou que c’est la faute d’une personne, alors que c’est la faute d’un système.

Qui organise la formation continue des médecins ? Les facultés de médecine ? Bien sûr que non ! ce sont les labos pharmaceutiques à but lucratif pour les actionnaires !

Qui finance de plus en plus la recherche pharmaceutique ? L’argent public ? Bien sûr que non ! Ce sont les labos privés à but lucratif pour les actionnaires !

Pourquoi les coûts des médicaments sont-ils supérieurs aux coûts des consultations médicales ? Parce que tous les médicaments sont utiles et nécessaires ? Bien sûr que non !

Pourquoi dans les commissions AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), le chantage à l’emploi est-il utilisé pour forcer la main en faveur d’un médicament sous brevet qui n’apporte rien de plus qu’un autre médicament tombé dans le domaine public ?

Pourquoi continue-t-on à rembourser des médicaments sans service médical rendu sérieux ?

Pourquoi les labos pharmaceutiques ont-ils des résultats financiers aussi brillants alors que leurs résultats de recherche dans les 30 dernières années sont médiocres ?

Bien sûr, « ignorer, pour un politique, c’est une faute. Un ministre doit être responsable de son administration, quelle qu’elle soit. Il doit donc être au courant. S’il n’est pas au courant, c’est qu’il y a une faille dans la transmission » (le professeur de médecine et député UMP Bernard Debré, lundi 20 décembre sur Europe 1). La réponse des ministres – de Martine Aubry et Lionel Jospin jusqu’à Roselyne Bachelot en passant par Mattei, Douste-Blazy, Kouchner, Raffarin, Chirac, Sarkozy, Fillon – est la même : nous n’étions pas au courant. Affligeant ! Le PS et l’UMP enfin unis dans le déni ! Leurs élus n’étaient pas au courant, donc ils n’ont aucune responsabilité. Combien de temps allons-nous accepter cela ?

Alors qu’une alerte a été lancé dès 1998, qu’une note alarmiste a circulé en 2006, les lobbies pharmaceutiques ont protégé leur médicament de mort. Et que font l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, les directions du ministère de la santé, rien de rien !

L’UFAL ne peut plus accepter le déni de responsabilité de ceux qui nous dirigent. Nous n’accepterons pas plus de limiter la vindicte à l’un d’entre eux. Il s’agit bien de supprimer la gangrène qui ronge les élus ministériels, les hauts fonctionnaires, les « experts », les structures de contrôle et dont le maître mot se lit « conflits d’intérêt » ! Il s’agit de comprendre que les représentants des firmes multinationales pharmaceutiques ni les personnes ayant eu des liens à haut niveau avec des laboratoires pharmaceutiques ou avec firmes multinationales des assurances (blottis au sein de l’Union nationale des organismes complémentaires à l’assurance-maladie UNOCAM) n’ont pas leur place dans l’ensemble des postes décisionnels chez les élus ou dans la haute administration.

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