Climat hypocrite à Durban

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Après l’échec des négociations de Copenhague en 2009, s’ouvre en Afrique du Sud un nouveau volet, le 17e, de la saga du Climat au niveau planétaire ou : « comment faire semblant ! »

190 pays s’y retrouvent pour tenter de faire avancer les choses sur le front du dérèglement climatique. Or, de plus en plus de pays se retirent, ou menacent de se retirer, de l’accord du Protocole de Kyoto qui porte sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES), dans la mesure où les principaux producteurs de GES, les États-Unis en tête, refusent de signer cet accord. En effet, la période des accords initiaux se termine fin 2012, et les pays en développement exigent que les pays développés reprennent eux aussi des engagements fermes. Mais si une majorité de pays souhaite trouver des solutions et a même de nombreuses propositions à formuler, une poignée des plus influents sur le plan de la production industrielle (les États-Unis, la Chine, l’Inde et maintenant la Russie, le Japon et le Canada) refusent de se plier à des accords contraignants sous prétexte de préserver « leur » économie.

Devant la complexité des intérêts divergents et la priorité donnée à la résolution d’une crise financière planétaire qui est de la responsabilité des places financières et des banques, l’UFAL voit mal comment il pourrait sortir quelque chose du sommet de Durban. N’en doutons pas, à la clôture de cette 17e conférence nous aurons droit au concert de louanges et de communiqués annonçant une victoire pour le climat. Mais de quel climat sera-t-il question ? Certainement celui de la finance…
Aujourd’hui l’argent, érigé en référent et symbole planétaire par quelques uns, a plus de valeur que jamais et les valeurs humaines, sociales, écologiques et laïques passent encore à la trappe pour le plus grand malheur de notre quotidien de vie.

Pourtant, les solutions existent pour l’alternative : le peuple islandais en refusant de payer sa dette a créé un précédent anti-finance, le libérant de l’aveuglement financier et le rendant désormais libre d’établir d’autres priorités ; Roberto Lavagna, ministre de l’Économie de l’Argentine entre 2002 et 2005, au plus fort de la crise de son pays, explique qu’il faut savoir choisir : sauver la population ou sauver quelques créanciers. Le climat, mais également l’ensemble de l’écosystème de l’être humain, ne peut redevenir l’objet de nos efforts communs qu’à la condition de regarder les exemples de ceux qui ont su voir où se trouvent les priorités humaines !
L’UFAL rappelle que tant que les habitants de l’Europe se tiennent pour redevables de quelques créanciers prédateurs, ils n’ont plus la possibilité de s’occuper de leur société et de ce qui concerne l’écologie de leur environnement de vie, qu’il soit naturel (comme pour le climat, l’eau, la biodiversité) ou artificiel (comme pour l’urbanisme, la production d’énergie ou le système de santé).

Pour l’UFAL le combat continue, pour une écologie politique dans un cadre républicain.

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