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La crise politique que vit l’Algérie, présentée sous divers angles, est comme ailleurs, surtout une crise de projet de société. L’opposition démocratique dans ce pays est d’essence laïque et une large partie de celle-ci assume sans équivoque sa nature et revendique fermement la nécessité de la séparation des deux sphères religieuse et politique. Elle fait face à une alliance entre le courant conservateur détenteur du pouvoir politique et économique ayant mené le pays vers la ruine d’une part, et à un courant islamiste, dont une frange terroriste, particulièrement virulent, détenant une redoutable stratégie, d’ampleur internationale. Cette lutte de visions de la société transparaît dans le combat mené pour l’abrogation de l’inique code de la famille, d’inspiration officiellement religieuse et qui, y compris après son récent remodelage, reste sexiste.

De plus en plus de signes religieux dans l’encadrement des sorties scolaires : ce n’est pas tolérable !

Que vient faire le niveau-de-l’école-qui-monte dans une revue laïque ? Quel est le rapport entre les discussions pédagogiques et la défense de la laïcité ?

Nos lecteurs et collègues ont peut-être lu la Lettre aux éducateurs, du président de la république, envoyée à domicile et à grands frais chez tous les enseignants, pour un coût d’environ 500 000 euros…. alors que le texte était sur internet et faisait déjà fleurir les commentaires perplexes ou courroucés. La moindre des critiques portant sur la somme gaspillée, qui eût certainement été mieux employée en bourses d’études, entretien de bibliothèques, et autres dépenses plus utiles.

La situation catastrophique de l’emploi générée par l’économie libérale de marché a incité les gouvernements successifs à en imputer les causes essentielles à l’enseignement. Certes, l’Education Nationale se doit maintenant de réduire totalement l’illettrisme, mais aussi d’assurer une formation professionnelle et citoyenne. Ce que les responsables politiques oublient de préciser, c’est que ces trois conditions réunies n’empêcheront pas le chômage; en effet, sur 4 millions de chômeurs, 300 000 offres d’emplois ne sont pas pourvues faute de gens qualifiés. Ces dernières peuvent être satisfaites si l’Education assure la formation correspondante et donc ne laisse pas sortir du système scolaire 150 000 élèves sans diplôme (parmi ceux-là, certains cumulent les handicaps, d’où leur révolte spontanée ou instrumentalisée qui met en danger nos institutions). Pour les trois millions 700000 chômeurs restants, l’Education Nationale n’en peut rien!!! Elle doit donc être considérée comme participant à la formation de l’individu. Pour cela, enseignements public et privé ont une contribution tout à fait différente, utile par sa pluralité; cette spécificité, le privé la garde contre vents et marées, mais les responsables politiques ont effacé celle du public.