Retraites : Waterloo ! Morne plaine !

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Et parfois l’horizon, sombre comme la mer…
Victor Hugo

En réponse, entre autres, à la chronique du Monde : « PS, la retraite de Solférino », par Marc Schindler
De la retraite de Russie aux plaines belges, combien de morts : 100 – 150 000 ?
Combien de désespoirs cette énième bataille sur les retraites va-t-elle engendrer ?
La France a développé un système de protection sociale par solidarité et par répartition que le monde entier nous envie, mais que tout un chacun veut livrer aux appétits financiers et/ou boursiers.
Les économistes les plus sérieux, même bien à droite, ont su faire valoir que pendant la crise que nous traversons, la France a été le pays qui a le mieux résisté.
Car notre système, pour imparfait qu’il soit, a protégé la majorité de la population et en particulier les plus faibles.
Aujourd’hui le spectre de la crise donne l’illusion de s’éloigner après une destruction financière planétaire sans commune mesure dans l’histoire.
Les Etats ont financé cette destruction financière en puisant à grosses poignées dans nos poches de simples citoyens.
Pour combien de milliards ?
Aujourd’hui il faudrait oublier les leçons d’une crise non encore achevée, oublier pour allègrement dilapider un système jugé trop archaïque car il pénaliserait quelques uns pour la sécurité du plus grand nombre ?
Aujourd’hui, plus qu’hier, il faudrait s’ouvrir au marché et détruire la solidarité pour renvoyer à l’individu !
Alors le dogme est invoqué.
Mais de quel dogme est-il question ?
L’utilité sociale de la solidarité intergénérationnelle et interclasses a battu son plein en France durant ces trois dernières années, pour ne pas dire ces trois dernières décennies, en prouvant son efficacité.
Alors qu’il est justement temps d’en tirer tout le profit, des Cassandres, en associant la retraite à Solférino (l’historique) dans un vilain jeu de mots, s’élèvent pour ébrécher le système par répartition à la française.
Les mêmes Cassandres considèrent qu’aucune solution ne peut être trouvée hors le marché et ses dérivatifs, tout en sous-entendant que les caisses sont vides.
Les caisses ne sont pas vides pour tout le monde.
Le paysage bancaire a su trouver les arguments nécessaires à notre collaboration collective non consentie pour le sauver d’une faillite qu’il avait provoquée.
Un choix de civilisation, contre le tout marché, nécessite d’être affirmé d’une manière générale.
C’est le moment.
La population est demandeuse et solidaire d’une telle décision.
Le réalisme, c’est la solidarité.

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