Sortie précoce de maternité : des médecins académiciens inquiets

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Dans un communiqué de l’Académie de médecine, les professeurs Roger Henrion et Paul Vert, professeurs de médecine mettent en garde contre une sortie précoce de maternité, sous la pression, notamment de la Sécurité Sociale dans plusieurs départements.

L’UFAL alerte les familles du fait qu’il ne s’agit pas d’une mesure « expérimentale » mais bien d’un encouragement des caisses d’assurances maladie sous la forme d’une durée « standard » du séjour des mères et des nourrissons dans les maternités publiques et privées.

Les Professeurs de médecine Roger Henrion et Paul Vert avertissent que, les premiers jours qui suivent une naissance, le nouveau-né et sa mère traversent une période d’adaptation physiologique complexe et risquée. Cette période exige une surveillance médicale particulièrement vigilante. De sorte que, même pour un nouveau-né normal à terme, un retour à domicile avant 3 jours révolus n’est pas souhaitable.

Pour eux, « La prescription de sortie de maternité doit conserver un caractère médical tant pour la mère que pour l’enfant. Elle doit être décidée au cas par cas, en l’absence de toute contre-indication médicale ou sociale, chez une femme volontaire et dûment informée, sans impératif d’ordre administratif. Le suivi médical, psychologique et social de la femme et de son nouveau-né nécessite une parfaite connexion entre les maternités et les sages-femmes libérales amenées à les suivre, afin d’assurer la continuité des soins. Les sages-femmes doivent être préalablement informées du dossier ou connaître la femme. »

Ils soulignent aussi que l’organisation d’un système de suivi dans la première semaine doit offrir une qualité de soins et une garantie de sécurité équivalentes ou les plus proches possibles de celles proposées en maternité. À ce propos, deux visites à domicile semblent être un strict minimum. Trois visites seraient souhaitables, selon eux, comme l’est l’examen médical du nouveau-né avant le quinzième jour.

« La sage femme doit être disponible à tout moment pour prévenir ou traiter une complication et décider d’une nouvelle hospitalisation ».

Les professeurs médecins rappellent que l’allaitement maternel nécessite un accompagnement attentif et que la pertinence de ce nouveau système de suivi à domicile doit être évaluée avant son extension à toute la France, en tenant compte des nouvelles hospitalisations et d’éventuels retards apportés à des soins urgents en cas d’ictère, d’infection ou de décompensation d’une affection chez la mère.

L’UFAL rappelle pour sa part que la formation et le recrutement des sage-femmes souffre des mêmes problèmes d’effectifs et de proximité insuffisants que ceux des médecins et craint que la prétendue « expérimentation » de séjours-express en maternité ne soit une nouvelle manifestation de la politique de rationnement des soins et des prises en charge résultant des derniers PLFSS.

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