Le dernier tour de bonneteau de Hollande : augmenter le pouvoir d’achat en tarissant les ressources de la protection sociale solidaire

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Le Président de la République, dans son allocution télévisée a annoncé un pacte de solidarité axé sur une baisse d’impôts d’ici 2017 et, plus surprenant, une baisse des cotisations sociales payées par les salariés. Présenté comme la contrepartie sociale au pacte de responsabilité qui se traduira par une baisse de « charges » des entreprises de 30 milliards d’euros, sans aucune contrepartie pour l’emploi, le pacte de solidarité est un nouvel avatar de promesses d’augmentations du pouvoir d’achat… par la baisse des salaires !

L’abaissement des cotisations salariales n’est en effet qu’une mesure en trompe-l’œil et constitue une nouvelle attaque frontale de la cotisation sociale qui finance la Sécurité sociale. Certes, cette mesure se traduira par une augmentation immédiate du salaire net des salariés et pourrait faire illusion comme augmentation des salaires directs. Sauf que cette mesure (dont le montant n’a pas été précisé) se traduira une fois de plus par un tarissement des ressources de la Sécurité sociale qui, par le salaire indirect des travailleurs, financent les prestations d’assurance maladie, les pensions de retraite ou encore les prestations familiales. Autrement dit, le Président de la République entend donner d’une main une augmentation de salaire qu’il reprendra de l’autre, car il faudra bien compenser cette baisse de ressources.

L’idée d’un abaissement des cotisations salariales ne suscite toutefois pas d’opposition de principe aux yeux de l’UFAL. Rappelons qu’historiquement, l’augmentation des cotisations salariales a été décidée pour compenser les décisions successives de baisse des cotisations patronales acquittées par les employeurs. En effet, le montant des cotisations salariales est neutre pour le patronat car elles viennent en déduction des salaires bruts. Réduire les cotisations salariales ne pourrait avoir du sens cependant qu’en augmentant dans le même temps les cotisations patronales pour garantir le financement de la Sécurité sociale.

L’allègement de cotisations salariales annoncé par François Hollande ne vise néanmoins nullement à inverser la tendance car le gouvernement a fait parallèlement de l’allègement des cotisations patronales son objectif politique premier au nom du rétablissement de la sacro-sainte compétitivité des entreprises. En conséquence le pacte de solidarité aura pour conséquence de réduire sans contrepartie le montant des recettes de la Sécurité sociale qui financent les dépenses sociales, lesquelles représentent en moyenne 33 % du revenu disponible brut des ménages.

Par conséquent, le gouvernement sera confronté à une alternative pour le moins mortifère pour les Français : soit il entend réduire encore les dépenses de sécurité sociale (le salaire socialisé) notamment par une nouvelle baisse des remboursements d’assurance maladie, auquel cas, les ménages (qui le peuvent) n’auront pas d’autre choix que de consacrer leur illusoire surcroît de pouvoir d’achat à la souscription de contrats d’assurance complémentaire privée. Soit il entend maintenir le niveau des prestations sociales, auquel cas cela se traduira une nouvelle fois par une augmentation des impôts les plus injustes comme la CSG ou pire encore la TVA. Notons qu’à la différence de la cotisation sociale, les impôts ne participent pas du salaire socialisé et n’ouvrent aucun droit personnel à des prestations sociales. Avec le pacte de responsabilité qui vise à supprimer la cotisation sociale de la branche famille à l’horizon 2017 et le pacte de solidarité qui réduira les cotisations salariales, c’est l’idée même de salaire socialisé qui est directement menacée. Nous allons tout droit vers une étatisation complète de notre système de sécurité sociale et vers une mise sous tutelle étatique (elle-même placée sous le diktat de Bruxelles) de l’ensemble de notre modèle social républicain. Il est urgent de faire entendre notre voix et de nous opposer à la destruction programmée du salaire et de la Sécurité sociale qui aura des conséquences sociales et économiques désastreuses.

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