Contre les effets indésirables des médicaments, où en est la pharmacovigilance ?

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Voilà une question qui intéresse au premier chef les citoyens et leurs familles.
L’initiative de « Prescrire » intitulée Pilule d’Or 2010 du 28 janvier dernier a levé une partie du voile sur cette question lancinante. De plus,ils ont transmis à l’assistance l’ensemble des sources de leurs discours D’après Joan-Ramon Laporte, directeur de l’Institut catalan de Pharmacologie, les « effets indésirables des médicaments sont la cause de 5 à 10 % des hospitalisations, de 5 à 10 % des consultations en médecine de ville. Ils touchent 25 à 30 % des malades hospitalisés et ils causent 3 à 4 % des décès. Dans les pays industrialisés, ils seraient la 4e cause de décès après l’infarctus, l’accident vasculaire cérébral et le cancer et avant le diabète,la maladie pulmonaire obstructive chronique et les accidents de la route. »
Pire, nous apprenons grâce à Martine Van Hecke, médecin, coordinatrice santé Test- Achats, que les propositions de la Commission européenne en matière de réglementation du médicament sont en train de préparer une régression majeure en termes de santé publique. Ces intégristes de la concurrence libre et faussée envisagent, sous influence du lobby pharmaceutique, «  afin de soutenir la compétitivité des firmes pharmaceutiques, de faciliter l’octroi d’autorisations de mise sur le marché aux dépens de la qualité de l’évaluation des nouveaux médicaments ». Si l’évaluation est insuffisante, il pourrait suffire que la dite firme pharmaceutique envisage « ultérieurement » de faire des études pour obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM).
Nos deux orateurs nous apprennent qu’il ne serait plus nécessaire de justifier un besoin de santé publique et que la suppression de l’obligation du financement public des activités de pharmacovigilance serait effective. De plus, l’accès public à la mégabase des données communautaires sur les effets indésirables Eudravigilance serait restreint. Last but not least, la Commission européenne envisage de « sous-traiter aux firmes pharmaceutiques chacune des étapes de la surveillance de leur produit(recueil des effets indésirables, interprétation des données, etc.) ». Elle n’est pas belle l’histoire pour les multinationales du médicament ? Bonjour, l’augmentation de la dissimulation des données de pharmacovigilance !

Nous avons entendu grâce à Anne Levadou et Constance de Champris du réseau DES France, l’étude de cas sur le scandale de la pseudo pilule miracle DES (diéthylstilbestrol) commercialisée principalement en France sous deux marques : Distilbène chez UCEPHA-UCB Pharma et Stilboestrol-Borne chez Novartis. Nous apprenons que les conséquences de ce médicament se perpétuent sur plusieurs générations en malformations, cancer et autres joyeusetés.
Vous retrouverez tous les développements de ces discours sur le site de Prescrire avec des propositions alternatives que nous faisons nôtres.

Quant au palmarès Prescrire 2009 du médicament, il est clair et net : pas de médicaments qui constituent un progrès décisif, pas de médicaments qui constituent un progrès net, juste deux médicaments qui ont contribué à améliorer modestement les moyens de prise en charge (lien).
Quant au Palmarès du conditionnement, pas de palme 2009 mais 4 cartons jaunes et 3 cartons rouges. (lien).
Quant au palmarès de l’information des firmes pharmaceutiques à Prescrire, vous y verrez 8 labos à l’honneur pour avoir fournis les informations demandées contre 8 « lanternes rouges » qui ne répondent pas aux questions ou qui répondent trop tard ou qui omettent certaines données, etc. (lien )

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