Appel aux candidats pour une loi destinée à proteger les enfants atteints de cancer.

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Les enfants atteints de cancers à tumeur solide (1800 cas environ chaque année), sont de manière quasi-systématique inclus dans des protocoles d’essais thérapeutiques standardisés, « randomisés » ou non. Ainsi que le déclarait encore récemment une des principales pédiatres cancérologues : « La stratégie thérapeutique est tirée au sort. Multicentrique »1.Les inévitables conséquences de telles pratiques ont été décrites dans un rapport de l’IGAS2 résumé ainsi sur le site de cette institution: L’étude du dispositif fait apparaître un contraste entre une organisation aux fondements solides et un fonctionnement insuffisamment performant, en décalage avec les besoins concrets des enfants. Dans le corps du rapport, l’IGAS souligne notamment que : L’administration ne connaît pas le nombre d’enfants qui y sont réellement soumis. Les chiffres tout à fait incertains pourraient recouvrir une fourchette de 20000 à 80000 mineurs. La partie (2.2.2) de ce même rapport intitulé : Du côté des promoteurs et des investigateurs, des pertes en ligne considérables et un défaut de transparence parle, entre autres, des essais en déshérence, absence de résultats publiés. Ne s’arrêtant pas là, ce même rapport explique : l’objectif de protection des enfants n’est pas suffisamment atteint et enfin, les essais cliniques n’ont pas nécessairement pour finalité de répondre aux besoins concrets des enfants. Dans des termes moins policés les journalistes Pierre Lacombe et Loïc Dufour ont soulevé dans un livre publié aux éditions Michalon (Enfants cobayes. cancer de l’enfant : enquête sur les dérives d’un système Michalon – 20/03/2002), les dysfonctionnements et les incohérences d’une pratique médicale qui privilégie l’expérimentation au détriment de l’enfant3.

Par ailleurs, ces conditions de traitement sont érigées en un système quasi monopolistique sans véritable alternative en France.

Maître Ludot, avocat de familles d’enfants atteints de cancer, a publié récemment un livre : la justice malade du cancer qui fait le point sur une situation dans laquelle des malades, soutenus par des associations, ont dû recourir au juge pour faire valoir leurs droits devant certains « praticiens chercheurs ». Chacun se souvient des affaires « médiatico-judiciaires » emblématiques de ces dernières années : de la mobilisation pour sauver la petite Orlane, originaire de Nantes, à celle du petit Terry, dont la maman avait dû exposer le cas de son enfant devant les caméras de télévision pour qu’elle puisse faire admettre son fils dans le service de cancérologie de son choix, un des rares qui individualise les traitements, et plus récemment, du combat du jeune Aléxis.

Devant cette situation des mesures s’imposent et une loi protégeant les enfants doit être adoptée au plus tôt par le parlement. C’est pourquoi, nous, parents et associations signataires de cet appel, vous demandons solennellement d’inscrire à l’ordre du jour de la première cession parlementaire une loi dont les principaux axes seront :

Les traitements de cancer de l’enfant doivent se faire sur la base de thérapies individualisées, adaptées au cas de chaque patient. Les essais, exceptionnels, ne pourront être engagés qu’après une information complète des parents, et alors qu’une solution de traitement individualisé leur aura été proposée.

Si essai il y a, le principe de préserver l’intérêt du patient doit passer avant toute autre considération. Ainsi, aucun essai ne doit être réalisé si le gain espéré et préalablement évalué par un organe indépendant ne dépasse pas 10% de survie à 5 ans par rapport au meilleur traitement connu au jour de l’essai. L’un des bras thérapeutiques devra obligatoirement être le meilleur traitement connu.

Tous les essais doivent être publiés et évalués publiquement. Leur mode de financement doit être indiqué dans le protocole. Les promoteurs et les investigateurs ne pourront en aucun cas être financièrement intéressés aux essais ou aux éventuels résultats. Ils ne pourront tirer aucun bénéfice personnel ni être propriétaires ou actionnaires d’une société impliquée dans ces essais.

Le consentement des familles et des patients doit être véritablement sollicité d’une manière compréhensible par les intéressés. L’ensemble des informations nécessaires à une prise de décision éclairée doit leur être fourni de manière écrite complète, intelligible et sincère. Un temps de réflexion, y compris pour solliciter un avis tiers, doit être prévu.

Les résultats intermédiaires de chaque essai doivent être transmis à une autorité authentiquement indépendante dans laquelle siégeront des représentants d’associations de malades.

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