Décès d’une octogénaire à Metz – Hospimédia

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Hospimédia (agence de presse hospitalière) a publié 2 communiqués sur cette affaire.

Nouveau drame suite à l’encombrement des urgences en Moselle

L’UFAL réclame des états généraux de la santé

06.01.09 – HOSPIMEDIA – L’Union des familles laïques (UFAL) fait part dans un communiqué d’un nouveau drame survenu suite à l’encombrement des services d’urgences de l’hôpital Bon Secours (CHR de Metz-Thionville). Une personne âgée de 82 ans, souffrant de déshydratation et d’insuffisances diverses (respiratoire, cardiaque), aurait été admise samedi à midi, puis renvoyée à 20h dans sa maison de retraite, le service d’urgence étant saturé, et serait décédée dimanche matin, rapporte l’UFAL. L’union souhaite déposer, aux côtés de la famille de la victime, une plainte pour non assistance à personne en danger et délaissement de personne très vulnérable. Pour elle, « la responsabilité du ministère de la Santé est susceptible d’être engagée dans de tels drames ».
Il ne s’agit pas pour l’UFAL de faire porter la faute sur un service en particulier, a expliqué à Hospimedia Bernard Teper, co-responsable du secteur santé et protection sociale de l’organisation, mais bien de faire pression pour obtenir l’organisation d’états généraux impliquant non seulement les représentants des médecins et personnels soignants, mais aussi les parlementaires et les 102 associations (dont l’UFAL) agréées par le ministère de la Santé et représentant les assurés sociaux. Le problème est en effet général et touche à l’organisation des lits d’aval, ajoute Bernard Teper.
L’UFAL regrette la confusion faite au niveau du ministère entre, d’un côté, les « sommiers et matelas » présents dans les établissements et, de l’autre côté, les lits véritablement ouverts. Fustigeant les diminutions de personnels ayant entraîné les fermetures de lits, l’organisation veut en outre faire remonter au ministère les nombreux problèmes concrets (manque de couvertures dans certains services, problèmes de disponibilité de lits, erreurs d’identification des personnes, etc.) rapportés par les professionnels de santé.

N.C.

Réactions suite aux trois décès « évitables »

L’hôpital mis à mal

06.01.09 – HOSPIMEDIA – Le gouvernement et les syndicats réagissent et dégagent les premiers enseignements des trois drames survenus dans les hôpitaux publics pendant les fêtes afin d’éviter qu’ils ne se reproduisent. Eric Woerth, ministre du Budget et de la Fonction publique, a estimé dimanche que l’ « hôpital a les moyens de fonctionner ». Il a déclaré, lors du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd’hui en France, que l’hôpital « a besoin d’une meilleure organisation », excluant toute rallonge face aux dysfonctionnements dénoncés par l’opposition et les syndicats. Une ligne de conduite épousée par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, qui souligne qu’ « il n’y a pas de pénurie de lits de réanimation » et que « la France est le pays qui dépense le plus pour son hôpital par habitant ». Elle indique ainsi dans un interview accordée au Journal du dimanche qu’une « réunion de retour d’expérience sur la permanence des soins » sera organisée « dès la mi-janvier ». Elle y invitera « les quatre intersyndicales de praticiens hospitaliers, les huit syndicats de la fonction publique hospitalière et les représentants du Samu », précise-t-elle.
Le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs (SNPHAR) avait appelé dans un communiqué du 3 janvier 2009 à « réfléchir à ce que doit être la santé en France, avec en son centre un hôpital public performant efficient, avec des acteurs responsables mais non coupables, et heureux de travailler ensemble ». Les organisations constitutives* de la Fédération de la permanence de soins hospitalière (FPSH) se « félicitent » que Roselyne Bachelot propose de rencontrer les organisations professionnelles. La FPSH estime dans un communiqué que les drames de ces derniers jours « ne sont que le haut de l’iceberg ». Elle déclare être prête à discuter et que la ministre de la Santé « doit compter avec (eux) ». La Coordination médicale hospitalière (CMH) ne semble pas se satisfaire de cette réunion, jugée trop restreinte. C’est pourquoi elle appelle Roselyne Bachelot à « réunir dans les plus brefs délais la communauté hospitalière (syndicale, institutionnelle, représentation des malades) pour partager les données objectives des enquêtes administratives en cours, identifier les responsabilités et assurer les corrections organisationnelles qui s’imposent ». Pour sa part, le Syndicat des médecins libéraux (SML) s’étonne dans un communiqué « que la ministre de la Santé souhaite organiser une réunion sur la permanence des soins avec les médecins et les urgentistes hospitaliers mais sans les médecins libéraux ». Le syndicat rappelle que les médecins libéraux ayant créé et animant de nombreuses maisons médicales de garde et participant au tour de garde « ne comprendraient pas d’être exclus de cette concertation ». Il demande que les représentants syndicaux des médecins libéraux participent à la réunion prévue par la ministre de la Santé. Enfin, l’Union des familles laïques (UFAL) dresse un constat dur envers le gouvernement. S’appuyant sur les chiffres du bulletin hebdomadaire du 31 décembre 2008 édité par la Cellule interrégionale d’épidémiologie d’Ile-de-France (CIRE IDF), elle montre dans un communiqué qu’il y a eu en moyenne moins de décès que les années précédentes mais plus d’appels aux associations de médecins urgentistes notamment à cause de syndromes grippaux et de gastro-entérites. Pour l’UFAL c’est donc bien « la fermeture de lits existants pour cause de réduction des personnels médicaux et paramédicaux qui a entraîné l’actualité du secteur santé de la semaine dernière ». L’Union demande la tenue d’Etats généraux de la santé et de l’assurance maladie (EGSAM) pour définir la création de postes médicaux et paramédicaux dans les hôpitaux français.

R.I.

*Association des médecins urgentistes de France (AMUF), Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs (SNPHAR), Samu de France, Syndicat des médecins anesthésistes réanimateurs non universitaires (SMARNU) et Syndicat national des médecins et praticiens salariés des hôpitaux et établissements de soins privés (SYMHOSPRIV).

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