« Que faire ? » Eléments de réponse à la question du mouvement social

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La guerre économique et sociale engagée par la droite césaro-libérale contre les salariés, les citoyens et leurs familles (voir le récent communiqué de presse de l’UFAL sur les retraites) s’intensifie. Il faut comprendre que le néolibéralisme n’a pas d’autre choix que d’intensifier la lutte des classes. Pourquoi ? Parce que le capitalisme a comme paradigme de faire agir ses dirigeants pour la maximisation du taux de profit. Lorsque ce taux baisse, notamment comme c’est le cas depuis plus de 10 ans à cause de la baisse de la productivité du capital en valeur, cela entraîne ipso facto une volonté des dirigeants néolibéraux de le faire remonter soit par un accroissement de la productivité du travail, soit par de la destruction du capital fixe (fermetures d’usine par exemple), soit par une politique visant à l’ abaissement des salaires et des retraites.

C’est dans ce cadre qu’il faut lire les politiques actuelles des dirigeants néolibéraux de notre pays. Et c’est munis de cette analyse que tous les orateurs UFAL (et sans doute beaucoup d’autres !) doivent répondre à la question lancinante posée dans les réunions publiques et cela quel que soit le sujet présenté (santé, retraites, crise économique, Europe, école, services publics, laïcité, République et vivre ensemble, etc.) : que faire ?

Devant une question aussi présente dans le mouvement social et dans toutes les discussions collectives ouvertes, écartons quatre types de réponse qui sont des impasses :

  • La première consiste à présenter les syndicats et les partis politiques de gauche et d’extrême gauche comme inopérants, voire comme trahissant les salariés ou une partie d’entre eux (les couches populaires – ouvriers et employés – par exemple). Ce n’est pas une position juste car une mobilisation ne se décrète pas par l’opération d’un saint esprit, fût-il armé d’une intention louable. Et d’autre part, expliquer une défaite en disant que c’est la faute des acteurs alors que l’on est spectateur, n’a jamais fait avancer les choses…
  • La deuxième consiste pour certains à réciter le catéchisme de leur organisation, véritable vérité révélée qu’il suffit de suivre pour mener à la résistance victorieuse, à la satisfaction des revendications et à la transformation sociale. La montée massive de l’abstention des couches populaires (ouvriers, employés, majoritaires dans le pays) qui ne votent pas pour les partis de gauche et d’extrême gauche montre l’inanité de ce type de comportement qui n’aboutit, pour les partis de gauche et d’extrême gauche, qu’à se partager une partie importante des votes des couches moyennes.
  • La troisième est la résignation et le fatalisme malgré la montée du mécontentement quant à la politique suivie par le gouvernement césaro-libéral. L’histoire montre que ce comportement a toujours permis au pouvoir de trouver ainsi un répit que nous ne devrions pas leur laisser.
  • La quatrième consiste à nier la réalité des classes sociales et de leurs contradictions et à considérer les citoyens et les salariés comme un ensemble homogène. Ce comportement empêche la compréhension de la réalité matérielle qui nous entoure. Et de plus, empêche de voir la nouvelle géosociologie des territoires où les zones périurbaines et rurales se peuplent des couches populaires alors que les militants sont en surnombre dans les villes-centres et certaines banlieues.

Les orateurs de l’UFAL répondent quant à eux que la bataille idéologique, politique et sociale s’articule autour de trois piliers complémentaires qui ne peuvent se remplacer l’un par l’autre et qu’une organisation ne peut travailler que sur un pilier et un seul. Ces trois piliers sont : les partis dans le champ politique, les syndicats dans le champ social, les organisations d’éducation populaire dans ce champ spécifique. L’UFAL s’est spécialisée dans ce dernier champ. La montée des demandes d’intervention des orateurs UFAL par différentes organisations de toute nature montre, nous semble-t-il, que là réside le manque le plus criant et, sans doute, une réelle priorité citoyenne et militante. C’est un questionnement stratégique pour tous les militants devant l’insuffisance des actions d’éducation populaire in vivo tournées vers l’action auprès des citoyens éclairés et des militants.

Le triple appel lancé par l’UFAL nous a valu une avalanche de réactions et des demandes qui dépassent nos possibilités actuelles. L’UFAL a donc besoin soit de se renforcer pour répondre à ces demandes, soit de travailler à des partenariats avec d’autres organisations pour pouvoir monter dans tous les départements des cycles d’université populaire (un ensemble cohérent de réunions publiques sur les sujets actuels du mouvement social comme celui sur la République au lycée Dorian du 12 janvier au 30 mars dernier) avec comme objectif d’armer les militants et les citoyens éclairés dans la bataille qui s’annonce. Plusieurs départements sont déjà pourvus. Aidez-nous à compléter notre carte de France ! Nous sommes à votre disposition

voir l’article  « Evolution du taux de profit sur la période 1982-2008 en France « 

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