La fiscalité dans la tourmente

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Nous vivons une période formidable, une vraie cure de jouvence ! Pendant longtemps, nous vivions sous la coupe des pensées immuables et rances issues du passé, contrebalancées par la vacuité des idéologies post-modernes qui, en faisant semblant de s’opposer « radicalement » au système, développaient des leurres simplistes autour d’un « surplomb » qui était tour à tour la démocratie, la laïcité, le social, les institutions, l’écologie, le féminisme, etc.  Aujourd’hui, loin des querelles subalternes, la remise en cause, pan après pan, de tous les éléments de la société d’hier, va nous obliger à nous écarter des pensées immuables du passé et des idéologies post-modernes qui se fourvoient dans des impasses théoriques et pratiques, pour faire une analyse concrète de la situation concrète.
Il nous vient à l’idée de parler de fiscalité, car le débat fiscal est de retour.Oh! bien sûr, pas dans les meilleurs conditions tellement la gauche des « surplombants » (ceux qui estiment qu’il suffit de toucher un seul domaine pour tout régler) tente de pourrir le débat. Mais comme le temps appartient à ceux qui sont capables de vivre aussi bien dans le temps court que dans le temps long, le moment est exaltant. Mais, derrière l’inanité des élites intellectuelles post-modernes, est en train de se construire, petit à petit, une pensée plus profonde et consciente que les religions post-modernes qui, avec les différentes pensées néolibérales – dont l’ordo-libéralisme (note 1) à l’œuvre aujourd’hui – nous ont « baladés » dans une politique du spectacle digne de Debord.

Aujourd’hui, où en est l’actualité du débat fiscal ?

Hier, on supprimait la taxe professionnelle. Depuis longtemps, se développe l’idée d’aller vers la suppression des impôts directs et de les remplacer par des taxes ou de la TVA sociale, très prisée dans la gauche ordo-libérale. D’autres préconisaient la suppression ou la modification de la taxe d’habitation. Aujourd’hui, de nouvelles fées ordo-libérales nous proposent par une pétition électronique la suppression de la taxe foncière. Qui dit mieux?

L’idéologie turbocapitaliste nous donne le tournis avec son travail « en spirale » essayant de supprimer ou de modifier toutes les taxes, les cotisations sociales et les impôts.

Il y a quelques semaines, les élites ordo-libérales, relayées par les médias « de référence » aux ordres, estimaient qu’il fallait alléger voire supprimer l’ISF en même temps que le bouclier fiscal. Rapides comme l’éclair, elles ont compris qu’il leur fallait « lâcher le bouclier fiscal » qui est fustigé par le peuple. Mais elles ont aussi compris qu’il fallait mener la lutte de classe non comme un spécialiste de karaté ou de boxe mais comme un spécialiste d’aïkido. Profiter de la volonté de l’adversaire, aller dans son sens, pour faire pire ! Supprimer quelques centaines de millions d’euros de gain pour la classe possédante afin d’augmenter de  quelques milliards leurs gains. Astucieux, non?

Et l’on voit les crédules ne pas comprendre qu’augmenter l’abattement fiscal sur la résidence principale, mesure qui semble « plaire » aux sociaux-libéraux et même au-delà (!) avantage principalement les contribuables aisés dont certains pourraient ne plus payer d’ISF!

C’est dans ce cadre qu’arrive la dernière née des idées à la mode, à savoir la suppression de la taxe foncière. Disons-le tout net, le manque à gagner sera de 20 milliards d’euros. Nous n’en sommes pas encore à réaliser le souhait – provisoirement suspendu – de Nicolas Sarkozy et d’Yves Bur d’aller vers la fiscalisation de la protection sociale, en commençant par supprimer les cotisations patronales de la branche famille de la Sécu (environ 30 milliards).

Les partisans du statu quo ont le tournis et abondent dans le fatalisme.
En fait, on le voit bien, grâce à ce florilège de propositions qui vont toutes dans le même sens, le mal va produire du bien!

Le mouvement social, les opérateurs d’éducation populaire tournés vers l’action, vont être obligés, petit à petit, de se « coltiner » l’analyse des prélèvements sociaux et fiscaux et de produire des alternatives globales et complètes, qui finiront bien, dans l’optique de la réélection, par modifier les projets 2012 déjà obsolètes des partis politiques, y compris de gauche et d’extrême gauche.

Voilà qui va nous sortir de la gangue des idéologies du passé et des idéologies post-modernes qui alimentent depuis des lustres la politique du spectacle.

Note
1 – Notion développée par l’économiste Michel Zerbato (son interview à l’UPL) : Quand la mise en oeuvre des ajustements structurels  (désinflation compétitive au Nord et les programmes du consensus de Washington au Sud) buta sur l’obstacle politique, l’ordolibéralisme prit le relais et entreprit, sur la base du post-consensus de Washington, de diffuser mondialement une « économie sociale de marché » purifiée.

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