Rénovation énergétique des logements : mais qu’attend le Gouvernement ?

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Les effets d’annonce ne suffiront pas à masquer la désastreuse politique gouvernementale en matière de rénovation énergétique des logements.
Se glorifier de l’ouverture du guichet unique de la rénovation thermique, alors que ces « guichets » existent déjà dans les espaces « Info énergie » et au sein de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’Habitat ou des ADIL, ne suffit pas à faire une politique.
Comme pour la construction de logements, les annonces du candidat Hollande ne seront jamais suivies d’effet, soit rénover 500 000 logements par an – nous sommes actuellement à 135 000 par an.
Et l’engagement pris par le Président de la République lors de la Conférence environnementale de septembre 2012 de « mettre aux normes énergétiques un million de logements par an, en nous concentrant sur les quatre millions de logements anciens qui sont les plus mal isolés » reste un conte de fées.
Car le gouvernement ne se donne pas les moyens d’acter ce plan. Le recrutement de 1000 jeunes « emploi d’avenir » ne permettra pas de faire face au traitement dles éventuels dossiers de rénovation. Tout d’abord, il faut les former, ensuite entre la réalité d’aujourd’hui (135 000 rénovations/an) et l’objectif du Gouvernement, il faudrait multiplier par 8 le nombre de dossiers instruits, avec évidemment les mêmes effectifs dans les services préfectoraux (service de l’ANAH), ce qui paraît totalement impossible.
Le bâtiment est le secteur le plus consommateur d’énergie en France : il émet 23 % des émissions de gaz à effet de serre du pays. Cette facture énergétique coûte 65 milliards par an à la France : rénover 500 000 logements par an pour un coût de 12 à 15 milliards permettrait de réduire considérablement ces importations.
Le Grenelle de l’Environnement de 2010 rend obligatoires les travaux d’amélioration énergétique dans les bâtiments tertiaires (administration et bureaux) à partir du 1er janvier 2012, avec un délai de huit ans. Mais le décret précisant la nature et les modalités de cette obligation n’a toujours pas paru. À la veille de la conférence environnementale, il n’y a toujours pas de date officielle de publication, selon le Mnistère de l’Écologie. Si bien qu’aujourd’hui, aucune contrainte ne pèse sur les locaux professionnels, un comble alors que les ménages sont fortement incités à fournir de gros efforts. Le tertiaire représente pourtant 45 % des consommations énergétiques du secteur.
Le Gouvernement, dans ce dossier comme sur le dossier de la construction de logements, proclame des objectifs totalement inatteignables. En effet, ce n’est pas en ouvrant une « boîte à outils » qu’il résoudra le manque de moyens humains et financiers. C’est encore ici cette absence de volonté politique qui nous désespère.
Si l’État ne débloque aucun financement, nous irons à la catastrophe, c’est une certitude.
Les artisans du bâtiment, confrontés de plein fouet à cette politique attentiste, et les différentes associations qui travaillent sur ces questions (comme le réseau « climat action France » qui regroupe les principales associations) continuent d’alerter le Gouvernement. A ce jour, ils ne sont pas entendus.
Ci-dessous, un extrait du communiqué de Réseau climat action France :

Les engagements doivent être suivis de faits
Avec la loi Grenelle 1, l’Etat s’était fixé comme objectif de réduire les consommations d’énergie du parc des bâtiments existants d’au moins 38 % d’ici à 2020 avec la rénovation complète de 400 000 logements chaque année à compter de 2013. Mais, sans réels moyens pour la mise en œuvre de cet objectif, il n’a jamais été en voie d’être atteint.
En France, des rénovations de logements sont réalisées chaque année, souvent partielles (uniquement les fenêtres par exemple) et sans performance d’efficacité énergétique. Se fixer un cap de 500 000 rénovations au niveau BBC par an est un premier pas. Mais, seuls les moyens alloués pour atteindre cet objectif permettront de juger de la réelle volonté du Gouvernement de l’atteindre.
Ainsi, ce plan de rénovation, qui doit être capable de répondre aux défis à venir, exige de formuler des réponses aux 4 grands enjeux non résolus à l’heure actuelle :

  • Structuration de l’offre avec la mise en place rapide de projets pilotes,
  • Information-Conseil-Accompagnement,
  • Financements harmonisés compréhensibles à la hauteur de l’enjeu,
  • Mise à jour et simplification de la règlementation

L’intégralité du dossier.

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