La ville de Lyon a trouvé la solution à la pénurie de logements étudiants : céder des bâtiments à l’Université Catholique !

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Alors que le collectif « Appel pour l’école publique », dont l’UFAL est signataire, vient d’obtenir 300 000 signatures, alors qu’un récent rapport émanant des services du ministère de l’Education nationale dénonce « des choix budgétaires préparant assez peu l’avenir », le gouvernement ne cesse de démanteler l’école publique au profit de l’enseignement privé confessionnel, au mépris des obligations constitutionnelles auquelles l’Etat est soumis de par la Constitution : celles d’organiser un service public, laïque et gratuit d’éducation sur tout le territoire.

En effet, le préfet du Rhône et les autorités municipales viennent de vendre les sites des anciennes prisons Saint-Paul et Saint-Joseph à l’Université Catholique de Lyon. Cette dernière projette d’y construire un campus pour 7 000 étudiants.

Gageons que cet investissement sera des plus profitables à l’Université Catholique de Lyon. Comme le souligne le CROUS, Lyon est une ville qui, comme beaucoup d’autres, manque cruellement de logements étudiants : une demande sur 21 seulement est actuellement satisfaite. Dans ce contexte de pénurie, l’Université Catholique de Lyon devrait trouver preneurs. Dommage que cette offre ne soit profitable qu’aux étudiants issus de milieux aisés. On était pourtant en droit d’attendre d’un maire socialiste qu’il utilise ces locaux dans l’intérêt général.

Ce qui vient de se passer à Lyon n’est pas un phénomène isolé et s’inscrit dans une logique globale qui consiste à organiser d’un côté la pénurie de l’enseignement public et à favoriser de l’autre l’enseignement privé. Les accords « Vatican/Kouchner » permettent désormais la reconnaissance par l’Université de diplômes délivrés par des institutions catholiques privées. La loi Carle oblige les communes à financer la scolarisation des enfants dans une école primaire privée extérieure à leur lieu de résidence, sous certaines conditions. La reconnaissance d’utilité publique accordée à la « Fondation pour l’école » en 2008 constitue un autre scandale : grâce à la défiscalisation, cette fondation soutient des établissements catholiques, dont certains ouvertement liés à la mouvance intégriste, comme c’est le cas en Gironde pour ceux gérés par l’institut du Bon Pasteur.

Toujours dans cette même logique de renforcement de l’enseignement confessionnel, une proposition de loi « visant à exonérer les écoles privées sous contrat d’association de la taxe foncière sur les propriétés bâties » a été récemment déposée à l’Assemblée nationale par des députés UMP emmenés par Jean-Sébastien Vialatte. Les pertes financières ainsi subies par les collectivités territoriales seraient compensées par le relèvement « à due concurrence » de la dotation globale de fonctionnement versée par l’Etat. Après la loi Guizot, la loi Falloux et la loi Debré, ces députés de droite ont trouvé un nouveau moyen de déroger sans bruit au principe de laïcité en finançant indirectement la construction des écoles privées par des cadeaux fiscaux.

En conséquence, l’UFAL :

  • Dénonce avec vigueur cette politique qui consiste à renforcer l’enseignement privé au mépris des obligations constitutionnelles de la République.
  • Appelle le gouvernement à revenir à l’esprit et à la lettre de la constitution Républicaine.
  • Appelle tous les acteurs et les usagers du service public d’éducation à se mobiliser pour leur école.
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