Face au rêve d’une France de propriétaires, que pèse le logement social ?

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Au moment où le marché est tendu et où de graves problèmes de logement se posent à des centaines de milliers de famille, notamment en Région parisienne, Rhône Alpes et PACA, sans oublier le secteur rural, les annonces gouvernementales sur la politique du logement marquent un véritable recul ces dernières semaines : ponction sur le budget des HLM et suppression progressive du 1 % logement géré par les collecteurs et partenaires sociaux.

Le prélèvement de 340 millions d’euros effectué par le gouvernement sur les fonds des organismes d’HLM, et la volonté réitérée du gouvernement de la vente du patrimoine des HLM – en fait une privatisation rampante – vont inévitablement amener à une augmentation des loyers. Alors qu’une grande partie des locataires des HLM sont des familles modestes, cette augmentation des loyers va de nouveau atteindre leur pouvoir d’achat.
De plus, depuis plusieurs années, les APL ou Al non pas été revalorisées à la hauteur de l’augmentation du coût des loyers. Et l’on oublie de parler des charges qui ont fortement crû et grèvent considérablement le budget des ménages.
La politique du logement ne doit pas être une politique de défiscalisation uniquement en faveur des propriétaires privés et SA d’HLM comme elle existe depuis plusieurs années, avec pour corollaire des milliards en moins pour le budget de l’Etat et la constitution, pour les plus riches, d’un patrimoine subventionné par l’Etat.
Nous réclamons en priorité :

  • Un gel des loyers aussi bien dans les organismes HLM que dans le privé.
  • Un plafonnement des loyers avec interdiction de dépasser un loyer référent par zone.
  • L’application de la loi DALO, qui dans certaines communes, faute de logements publics ou de foncier disponible, reste lettre morte.
  • La réquisition des logements vides avec gestion d’un organisme centralisateur.
  • Une réelle prise en compte de la politique de réhabilitation de logements indécents.

Dernière minute
L’Union des familles laïques s’insurge contre la nouvelle mesure contre les familles que le gouvernement vient de faire voter à l’Assemblée nationale dans le cadre du PLFSS 2011.
La secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, a ainsi convaincu sa majorité de supprimer la rétroactivité de trois mois pour l’aide personnelle au logement (240 millions d’euros d’économie : (½ pour la branche Famille, ½ pour le budget de l’Etat ; pour mémoire nous rappelons que les 1 169 plus grosses fortunes de France ont reçu dans le cadre du bouclier fiscal 413 millions d’euros… ).

Cette mesure supprimera la rétroactivité de trois mois pour les aides personnalisées au logement. Entre le moment où le locataire déposait sa demande et la recevait plusieurs semaines pouvaient passer. Cette rétroactivité permettait si le locataire était déjà dans les lieux pendant ces 3 mois, de rétablir ses droits.
Cette ponction va de nouveau toucher les plus modestes. De la même façon que la ponction sur le budget des HLM… Est-ce aux populations les plus pauvres de ce pays de payer la crise ?

PS. Ceci n’épuise pas la nécessaire remise à plat de la politique du logement, responsabilité de la puissance publique, qui converge de plus en plus vers la ségrégation sociale. L’UFAL vient de mettre en place un secteur Logement, animé par les deux signataires ci-dessous, qui fera bientôt connaître son programme de travail et invite d’ores et déjà les camarades intéressés à le rejoindre.

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