En Région parisienne, monsieur Apparu, il n’y a pas que des chambres de bonne

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Suite aux propos du secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, dans Les Echos et dans Libération, l’UFAL réaffirme que le contrôle des loyers et le blocage des loyers sont des mesures indispensables pour permettre aux familles de se loger, et particulièrement en Région parisienne.

Le secrétaire d’Etat pense que le blocage des loyers est une mesure négative pour les locataires, mais la réalité est qu’aujourd’hui la hausse des loyers est continue, les chiffres de l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne sont clairs :

« Les logements remis (ou mis) en location en 2009 ont encore enregistré des hausses substantielles de loyer : + 6,2 % en moyenne, en retrait toutefois par rapport à 2008 (+ 7,4 %) et 2007 (+ 7,2 %). Le rythme des évolutions est comme les années précédentes synchronisé entre Paris et la petite couronne, avec un niveau toujours plus élevé dans la capitale. L’accélération de la hausse est sensible dans cette zone centrale, la grande couronne accentuant en 2009 la tendance plus modérée constatée depuis 2006 :

  • A Paris, la hausse a été de 8,1 % (9,5 % en 2008 et 9,3 % en 2007),
  • En petite couronne, la hausse a été de 6,4 % (6,6 % en 2008 et 6,5 % en 2007),
  • En grande couronne, la hausse s’élève à 2,7 % (5,0 % en 2008 et 4,9 % en 2007). »

La réglementation actuelle permet au bailleur d’effectuer une augmentation des loyers hors indice de référence lors d’un changement de bail ; en Région parisienne, avec un taux de renouvellement des locataires moyen de 20 %, cela permet d’alimenter une hausse continue des loyers. Le problème ne concerne pas seulement les chambres de bonne mais l’ensemble du parc locatif.

Et contrairement aux assertions de B. Apparu, la législation n’est pas suffisante. Prenons exemple sur nos voisins allemands où les loyers sont en moyenne de 30 % à 50 % moins élevés qu’en France, les droits des locataires sont mieux préservés et où pourtant il n’y a pas de pénurie de logements.

Laisser comme aujourd’hui le marché libre de toute contrainte est une posture idéologique qui ne tient plus.

Peut-on admettre une hausse des loyers de 20 % sur 3 ans ? Non, monsieur Apparu, le marché ne régule pas les loyers à la baisse mais à la hausse.

Il faut construire massivement, arrêter cette course insensée au profit par le contrôle des loyers et fixer un maxima au m2, ville par ville et par quartier.

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