Dalo, une loi qui fabrique du ghetto

1

Un rapport, réalisé par deux députés, l’un socialiste (Pupponi), l’autre de droite (Goulard) le démontre largement : toutes les politiques de la ville menées jusqu’ici sont des échecs manifestes. La pauvreté continue à galoper dans les quartiers dits sensibles et le chômage y atteint près du double que dans le reste du pays. Pour le seul seuil de pauvreté (908 euros par mois de revenus) on passe ainsi de 12% sur l’ensemble du territoire à plus de 33% dans les zones urbaines sensibles (ZUS chez les technocrates). Cette proportion dépasse même les 44% chez les jeunes hommes qui battent tous les records. Sans doute, les baisses des crédits spécifiques dévolus à ces quartiers entre 2001 et 2005 ont-elles été en partie compensées depuis, mais ces injections de financements se font dans le plus grand désordre et sans réelle coordination.
Ainsi, le comité interministériel des villes (CIV, encore pour les technocrates) s’est-il réuni pour la dernière fois en janvier 2009…
Mixité sociale ?
Pire même, certaines dispositions adoptées pour favoriser prétendait-on la « mixité sociale » ont un effet exactement opposé. La loi Dalo, par exemple, qui permet aux familles nécessiteuses de recourir à la justice pour obtenir un logement, risque de devenir le moyen le plus sûr d’accentuer la ghettoïsation des secteurs urbains les plus défavorisés. En effet, sur le terrain, c’est dans les communes qui appliquent la loi exigeant qu’elles offrent 20% de logements (SRU, toujours pour les technocrates) que l’on expédie les bénéficiaires de la loi Dalo, tandis que celles qui sont sous ce seuil sont épargnées par l’arrivée des plus pauvres que pauvres. Résultat : on ajoute la misère à la gène, la grande marginalité sociale à l’exclusion et, à la fin, la colère à la colère. Mais quand Fadela Amara, la caution banlieusarde de Sarkozy, a proposé d’interdire le relogement des « familles Dalo » dans les zones urbaines sensibles on lui a tourné le dos. Les pauvres avec les pauvres et Mme Bettencourt à Neuilly avec les siens. Voilà le fond. En ajoutant toutefois que l’intégration des familles d’origine africaine qui constituent une part substantielle du problème est une question qui s’enkyste dans ce pays depuis cinquante ans et que plus de quinze années de gauche (plurielle ou pas) au pouvoir n’y ont rien changé quand plus de trente années de droite ont encore aggravé la situation.

Source : le Kanal n°11

Partager.