L’homophobie mobilise moins que l’école privée, malgré l’engagement des cléricaux nourris par les fonds publics

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Malgré des moyens colossaux, les opposants au mariage pour tous n’ont pas réussi à rassembler autant de monde que le 24 juin 1984 contre le projet de loi Savary sur l’école. Loin du million de manifestants visé, l’objectif a été ramené à 300 000 ces jours derniers histoire de pouvoir crier victoire si le chiffre de la préfecture de police était supérieur

Une mobilisation indirectement subventionnée par l’État

Seul le coût financier de l’opération, un million d’euros hors frais de transport restera dans les annales. Il est permis dès lors de se demander d’où provient l’argent. Certainement pas du denier du culte. En grande partie… de tous les Français ! En effet, l’organisateur officiel de la manifestation n’est pas reconnu d’intérêt général et ne peut donc pas offrir d’avantages fiscaux à ses généreux donateurs. Ce sont donc des associations bénéficiant de cette reconnaissance qui ont été mises à contribution : elle peuvent émettre des reçus fiscaux permettant aux donateurs de déduire une grosse partie de leurs dons de leurs impôts. Il s’agit d’une « niche fiscale », représentant donc un financement public, que l’UFAL a dénoncé récemment pour l’association intégriste catholique Civitas.
Mais il y a pire, puisque parmi les associations qui ont mis la main à la poche, on trouve trois associations familiales (Familles de France, la Confédération nationale des Associations Familiales Catholiques et les Associations Familiales Protestantes) qui, en plus de la possibilité d’émettre des reçus fiscaux, bénéficient d’un financement public proportionnel à leur nombre d’adhérents au travers du Fonds spécial prévu à l’article L211-10 du code de l’action sociale et des familles.

Une argumentation qui n’a mobilisé qu’une frange réactionnaire

Les opposants au mariage pour tous, troupes de choc de l’opposition politique de droite, sont en fait des militants de l’ordre moral opposés à la laïcisation du Code civil. Les responsables religieux ont bien compris que le mariage pour tous constituait une véritable désacralisation du mariage. D’où l’entrée en lice des cléricaux, dont le point d’orgue a été la lettre adressée par le secrétaire général de l’enseignement catholique aux chefs d’établissements d’enseignement privés.
La pauvreté d’un argumentaire dépassé et dogmatique, incapable d’évoluer depuis plusieurs mois, a fini par lasser bon nombre d’indécis et les sondages en montrent l’échec. Ainsi, les arguments contre l’adoption proposent un véritable retour en arrière par l’interdiction de l’adoption par les célibataires, et la confusion est volontairement entretenue entre mariage religieux (cérémonie impliquant l’adhésion à des dogmes particuliers, tels qu’hétérosexualité et reproduction) et mariage civil, défini par le législateur en fonction de l’intérêt général et impliquant l’égalité entre citoyens.
Il est donc légitime de s’interroger sur la participation du principal parti politique de l’opposition, qui préfère récupérer le travail des forces les plus réactionnaires en défilant dans la rue, n’hésitant pas à remettre en cause l’état du droit positif de la famille, plutôt que de débattre au Parlement dans le cadre de la démocratie représentative dont il est censé être un acteur majeur.
Au soir de la mobilisation des opposants au mariage pour tous, l’UFAL réaffirme son engagement pour faire progresser l’égalité des droits de tous les couples, regrette la reculade de la majorité sur l’assistance médicale à la procréation. Association familiale agréée, l’UFAL réclame qu’il soit mis fin au détournement de fonds publics et d’avantages fiscaux utilisés par des associations fondamentalement opposées aux principes républicains de Liberté, d’Égalité et de Fraternité.

L’UFAL sera présente dans la rue le 27 janvier pour le dire.

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