Pour le gouvernement, ce sont les citoyens et leur famille qui doivent payer la crise

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Mesure après mesure, annonce après annonce, petite touche par petite touche, la « révolution fiscale » annoncée par le candidat Hollande se précise : faire payer la dette par les citoyens et leur famille au profit du Medef.

Le candidat Hollande avait dans ses bagages un projet de grande réforme fiscale, révolutionnaire avait-il annoncé. Cette révolution, qui comportait déjà des points discutables, devait au moins permettre une remise à plat de notre système fiscal pour qu’il redevienne progressif en remettant à contribution les plus riches.

Las, après une grosse année de mandat, de révolution il n’y en aura pas. Le gouvernement, sous couvert de la crise, ne fait que continuer la même contre-réforme que l’on nous sert depuis près de 30 ans, et qui repose sur deux logiques : alléger le coût du travail d’une part, au profit du capital et des actionnaires, et réduire d’autre part l’impôt républicain et progressif qui pèse sur les plus riches. Cette stratégie politique appliquée par tous les gouvernements successifs depuis les années 1980 a conduit à une réduction de 10 points de PIB de la part des salaires et des cotisations sociales affectées à la protection sociale. En 2013, c’est donc plus de 200 milliards d’euros qui ne seront versés ni en salaire ni en cotisations. La conséquence en est immédiate : l’assèchement des ressources salariales conduit à une réduction continue du niveau de la protection sociale (assurance maladie, retraites par répartition, prestations familiales…) et contraint les citoyens à renoncer aux solutions collectives et universelles de couverture des besoins sociaux au profit de solutions individuelles et profondément inégalitaires liées à leurs capacités financières propres (stratégies immobilières et patrimoniales, assurances privées, épargne salariale…) Du moins pour ceux qui le peuvent, car les plus pauvres ne peuvent guère compter que sur un « filet de sécurité » minimal inscrit dans le cadre des politiques néo-libérales de lutte contre la pauvreté et qui enferme les plus précaires dans un statut de pauvres extrêmement discriminant. Quant aux travailleurs à faibles revenus, « trop riches pour être pauvres et trop pauvres pour être riches », il demeure les sempiternels laissés pour compte d’un système social de moins en moins généreux pour les classes moyennes et intermédiaires et exprime leur mécontentement social jusque dans les urnes : abstention et vote d’extrême droite.

Un gouvernement de gauche, soucieux de défendre les intérêts des citoyens et de leur famille, c’est-à-dire des salariés, des étudiants, des jeunes, des parents et de leurs enfants, ne devrait avoir que cet indicateur en tête et donc mettre au cœur de son action des réformes qui font remonter la part des salaires et cotisations sociales par rapport à la richesse produite, tout en rétablissant l’égalité républicaine devant l’impôt.

Or c’est tout le contraire qui est fait depuis le début du quinquennat : tout converge pour continuer à faire baisser la part salariale au nom de la « compétitivité » ! La mise en œuvre du CICE constituera ainsi, avec près de 20 milliards d’euros d’allègement de « charges », un nouvel avatar de la soumission de la politique gouvernementale au diktat du grand patronat du CAC 40, privilégiant la cupidité des actionnaires à la cohésion sociale.

Qu’est-ce qui occupe le gouvernement ?

Combler les déficits qui s’accumulent dans les caisses de la protection sociale, déficits eux-mêmes créés par la baisse des salaires et le renoncement au plein emploi.

Combler les déficits publics, eux-mêmes créés par des cadeaux fiscaux (baisse des taux, boucliers, niches et tutti quanti) aux plus riches et aux entreprises et le renoncement à la souveraineté monétaire.

Combler le déficit abyssal de notre balance commerciale, lui-même créé par 30 ans d’ouverture des frontières au nom de la libre circulation des capitaux et de la libre concurrence, sans jamais prendre en compte les différences de niveaux de protection sociale des travailleurs.

Seule association familiale laïque et progressiste indépendante, l’UFAL va se mobiliser pour dénoncer les projets anti-sociaux de la majorité gouvernementale (PS-EELV-PRG) : prendre d’une main aux citoyens et leur famille, les victimes de la crise, pour donner de l’autre au patronat et à la finance, les responsables de la crise.

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