Élections 2017 : l’UFAL interpelle les candidat-e-s sur la laïcité

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La laïcité est un acquis essentiel de notre démocratie, et tout recul, tout relâchement est un abandon. La laïcité est un combat que la société doit mener en permanence devant les attaques de tous les intégrismes et tous les communautarismes.
La ligne de partage entre laïques et faux amis de la laïcité est devenue un clivage politique opérationnel. Le combat laïque, plus nécessaire que jamais, doit donc être envisagé comme un des axes, mais non le seul, de la défense de la République.

Défendre la laïcité ne suffit pas : il faut aussi la promouvoir

Proposition 1
En terminer avec l’alibi du « fait religieux » qui sert à la réintroduction des religions à l’école, non comme fait historique, culturel et philosophique (ce qui a toujours été le cas), mais comme « vécu » des (seuls) élèves croyants. La laïcité est systématiquement dissoute dans le « dialogue interreligieux » : or la laïcité, opposable à tous, n’est pas l’œcuménisme, qui ne concerne que quelques religions et leurs adeptes.

Proposition 2
Définir une règle claire et unique protégeant la neutralité des sorties scolaires au même titre que les autres activités scolaires, soit par voie de circulaire ministérielle impérative, soit par une loi.

Proposition 3
Rendre effective l’application du Code de l’éducation, qui dispose que l’enseignement supérieur et la recherche sont « laïques », en introduisant dans les règlements intérieurs des Universités l’obligation de neutralité des lieux et situations d’enseignement et de recherche.

Proposition 4
Examiner la notion de « liberté religieuse » (y compris pour les usagers de la sphère publique) au regard du respect des « libertés d’autrui ». L’UFAL est opposée à une interdiction du port de signes religieux dans l’espace civil mais considère qu’il peut revêtir le caractère d’une atteinte (par « pression de conformité ») aux droits et libertés des personnes habitant un même quartier, ou supposées appartenir à une communauté, une ethnie, etc. pour leur imposer cette tenue et/ou les pratiques religieuses qui lui sont liées. Il convient donc de cesser de définir de façon étroite le « prosélytisme » dans la sphère publique, et de protéger l’ensemble des citoyens, et tout spécialement les femmes, de toute pression sur les membres supposés d’une communauté tendant au séparatisme politico-religieux.

Proposition 5
Étendre à tout le territoire national les principes de la loi de 1905. En conséquence, engager une sortie graduelle et concertée du statut dérogatoire en matière de cultes en Alsace-Moselle et supprimer l’enseignement religieux obligatoire à l’école publique dès la rentrée 2017.
Abroger le financement des cultes dans toutes les collectivités d’Outre-mer, en particulier en Guyane.

Retrouvez les autres propositions de l’UFAL à l’adresse : ufal.org/elections2017

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9 commentaires

  1. Il devient impératif de sortir du statut dérogatoire en matière de cultes en Alsace-Moselle puisque de nouveaux cultes et de nouveaux territoires le réclame au nom de l’égalité.

    • Bravo pour cette initiative car en effet les programmes des candidats ne sont pas à la hauteur de enjeux pour la laïcité et les droits des femmes.

      A l’occasion de la journée du 8 mars nous avons écrit un texte qui poursuit le même objectif que votre appel (texte proposé à Marianne qui ne l’a pas pris…) et que je reproduis ci-dessous pour nos amis followers et lecteurs du site de l’UFAL :

      “Journée la femme… Vraiment ?

      En ce 8 mars, « Journée internationale des droits de la femme » en pleine campagne électorale, quand on passe en revue les programmes des candidats à l’élection présidentielle, on ne peut qu’être consterné. Si on laisse de côté la captation des principes républicains de laïcité et d’égalité homme/femme par le Front national pour des raisons qui ne trompent plus personne, il faut bien constater chez les autres candidats soit le vide, soit une approche par le petit bout de la lorgnette, du type « voile à l’université ? ». Comme si c’était la question essentielle…

      Aucun, en fait, ne positionne la question des droits de la femme par rapport aux ambitions, prétentions et avancées, en France, de l’islamisme sur la question de principe : l’égalité homme-femme proclamée dans les programmes va-t-elle jusqu’au point de s’opposer, au besoin par l’interdiction législative, à certaines visées de l’islamisme ? Lorsque cela est esquissé chez un candidat, aucun n’en tire les conséquences qui s’imposent pourtant. Par ignorance, angélisme ou démagogie électorale ?

      Car c’est pourtant bien des principes fondamentaux consacrés par la République française , puis par l’Europe occidentale , qu’il faut partir pour imposer le respect de nos valeurs aux confessions, à toutes les confessions, présentes sur notre sol .

      Puisque, malgré de nombreux articles, nous n’avons été ni compris, ni entendu, par les candidats nous allons nous répéter en espérant être plus clairs. Il est encore temps pour tous les républicains de se ressaisir, et de délaisser les visions naïves ou démagogiques, en espérant que la Journée de la femme puisse en être enfin l’occasion..

      Sur le plan des principes, est inacceptable toute remise en cause pour des raisons confessionnelles de l’égalité homme/femme et des droits de ces dernières, notamment de leur souveraineté, qui doit être totale, sur leur corps. Vouloir occulter et exclure les femmes de l’espace public est inacceptable et devrait constituer un crime contre la moitié féminine de l’Humanité. Les idéologies religieuses totalitaires qui, comme l’islam radical, professent le contraire ne sont pas acceptables d’autant plus lorsqu’il s’agit de manifestations prosélytes dans l’espace public qui, par discours ou signes explicites, visent à étendre l’emprise de cette idéologie.

      Dans nos démocraties, on ne peut cependant interdire une idéologie mais on peut réglementer restrictivement son expression lorsqu’elle est jugée contraire à nos principes fondamentaux. Autrement dit, dans l’arbitrage entre la liberté d’expression et les autres droits fondamentaux, nous pouvons décider que ces derniers l’emportent, s’agissant de l’expression d’une idéologie que nous jugeons totalitaire et dangereuse.

      C’est ce qu’a fait la Cour européenne des droits de l’Homme (CDEH) dès 2003. Elle a décidé qu’un parti politique professant l’islam radical (et sa charia) ne pouvait bénéficier de la protection de la Convention européenne des droits de l’Homme du fait même qu’il récusait les valeurs démocratiques et les principes fondamentaux sous la protection desquels il prétendait se placer dans le but de voir condamner sa dissolution en tant que parti par le gouvernement turc. On ne peut plus logique : on ne peut se situer dehors et dedans à la fois.

      Nous sommes donc en droit, sur le fondement de cette décision de la CEDH, de considérer que les organismes, les associations et les individus qui professent l’islam radical (et sa charia) sont hors des valeurs républicaines et ne peuvent revendiquer leur protection pour poursuivre leurs visées prosélytes et totalitaires.

      D’ailleurs, une étude récente sur les données de la radicalisation publiée par Le Monde du 4 mars dernier (page 12) montre l’importance du prosélytisme pour la radicalisation puisque, si 3246 femmes ont été signalées à ce jour comme radicalisées en France, près de 50% d’entre elles sont des personnes converties qu’elles soient majeures (2151) ou mineures (1095). Chez les hommes signalés radicalisés la part des convertis est de 30%. Si l’on cherchait une preuve de la réalité prosélyte de l’islamisme et de son efficacité jusqu’à l’horreur, on l’a.

      Nous sommes ainsi en droit de considérer que les signes ou accoutrements vestimentaires qui sont l’expression de cette idéologie, notamment de soumission voire d’asservissement de la femme, n’ont pas leur place dans notre démocratie du fait de leur signification et de leur visée prosélyte.

      Qu’on le veuille ou non, que cela plaise ou pas, certaines tenues vestimentaires islamiques – tel le voile intégral du corps de la femme (niquab, hidjab ou burka) – sont des signes d’une idéologie rétrograde, de son prosélytisme et de rien d’autre, quel que soit le ressenti individuel de celles qui consentent à s’en revêtir.

      Comment rattacher en effet ces tenues à une tradition locale ou familiale, voire à l’expression d’une spiritualité, alors qu’il ne s’agit que d’occulter la femme dans l’espace public ? C’est ce que nous avons déjà écrit dans notre article paru en ce début d’année dans Marianne sur les quatre questions que pose l’islam radical à l’Etat de droit .

      Bref, à persister à le nier ou à ne pas l’exprimer notamment dans les programmes politiques, nous restons en deçà de la Cour européenne qui, elle, a courageusement décidé que l’islam radical et la charia (qui voilent le corps des femmes) ne pouvaient prétendre à la protection de la CEDH parce qu’ils se situaient ontologiquement en dehors d’elle.

      Considérons donc qu’il en va de même pour certains des signes explicites de cette idéologie, notamment vestimentaires, et disons le déjà clairement en les identifiant comme tels, comme nous avons su le faire pour les signes, insignes et accoutrements de l’idéologie nazie .

      La question de leur interdiction dans l’espace public ne vient qu’ensuite, comme une conséquence possible. Certaines tenues vestimentaires pourraient ainsi faire l’objet d’interdiction de port dans l’espace public ou, même sans interdiction, de politiques publiques visant à combattre leur développement et tendant même à leur disparition progressive.

      Mais, sans un travail préalable de réflexion et d’identification de ce qui n’est pas acceptable, non seulement une interdiction n’a aucun sens mais aucune politique publique visant à combattre de telles pratiques par la persuasion n’est possible.

      Bref, ce qu’il nous faut c’est une toute autre ambition que de n’aborder la question qu’au travers de la seule interdiction du voile à l’université….

      En ce sens, les candidats républicains sincèrement attachés aux droits des femmes devraient s’engager à donner, par la loi, la possibilité à toutes les personnes publiques ou privées (universités, associations, clubs sportifs, etc.) d’interdire dans leur règlement intérieur certains signes, vêtements ou comportements prosélytes, à l’instar de ce qu’a déjà fait le législateur Français en 2016 pour les entreprises.

      Car, comme se plaisait à le dire le bon Lacordaire : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit »…

      On ajouterait volontiers à l’énumération : « Entre l’islamiste et la femme musulmane… ».

      Un 8 mars, le rappeler aux candidats était le bien le minimum que l’on puisse faire. ”

      Wanda Diébolt, Inspectrice générale honoraire de l’équipement
      Bruno Bertrand, Magistrat
      Jean Petrilli, Avocat
      Francois Braize, Inspecteur général honoraire des affaires culturelles

      • Annick Pizzetta-Hénault on

        Il est clair que vous n’avez pas pris la peine de lire le programme de la France Insoumise porté par Jean-Luc Mélanchon! Vous devriez le faire ainsi que lire le livret thématique sur la laicité et écouter ses meetings sur youtube.

        • Erreur totale de votre part, nous avons regardé le livret laïcité et si l’on peut se féliciter du retour à une application plus normale de la loi de 1905 préconisée par JLM, il n’est nulle part question dans son programme de tirer les conséquences de la jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme sur l’islam radical comme nous le préconisons dans notre Tribune (mais l’avez vous bien lue ou comprise ?). Si vous vous contentez de ce programme tant mieux pour vous, nous ce n’est pas notre cas. Comme les autres JLM est silencieux et absent sur ce sujet qui est au coeur de nos difficultés, celles d’une société démocratique et ouverte confrontée à l’islam totalitaire bafouant notamment les droits de la moitié féminine de l’humanité.

  2. Gerard Delcroix on

    J’appprouve toutes les propositions de l’UFAL et je pense à mon grand-père, “hussard noir de la République ” qui s’est battu pour l’école laïque dite aussi,à l’époque “école du diable” jusqu .il y a peu.!!

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  4. L’UFAL vire FN!!!???
    Comment soutenir la proposition 4 sans l’interdiction du port de signes religieux dans l’espace civil ??!!!
    Que l’UFAL devienne vraiment laïque!!!

    • Commentaire stupéfiant si je le comprends bien !
      Par cette proposition n°4 l’UFAL ne fait que coller au texte de l’article 9-2 de la convention européenne des droits de l’homme qui fait de la “liberté religieuse” une liberté toute relative qui peut être contrainte pour tenir compte d’autres libertés ou principes à protéger. Il n’y a que la liberté de conscience qui est un absolu. En plus s’agissant d’une idéologie religieuse d’oppression jusqu’à la barbarie de l’occultation de la moitié féminine de l’humanité, il n’y a aucun gant à prendre.
      C’est avec des analyses comme celle que vous exprimez que le FN a de l’avenir, là y a pas de doute…