Urgence école, Le droit d’apprendre, le droit de transmettre

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Urgence école, Le droit d’apprendre, le droit de transmettre
d’Alain Bentolila
Editions Odile Jacob
221 pages avec annexes
août 2007
21,90 €

Des clés pour une école qui réussit

La rentrée scolaire arrive à point pour certains auteurs, enseignants qui éditent le livre écrit durant l’été.
Il y en a des meilleurs et des pires.
Celui-ci est au-dessus du panier et dès les premières pages, le contenu ainsi que le style travaillé donnent une première indication favorable.
J’ai commencé à porter un jugement négatif quand l’auteur s’est prononcé pour l’autonomie de l’Université mais ma curiosité étant aiguisée je suis allé plus loin et j’ai eu bien raison.
Le diagnostic que l’auteur porte sur l’école et son évolution est solide et rigoureux et j’ai bien apprécié le chapitre qu’il a intitulé : « Quand l’idéologie paralyse les choix pédagogiques ».
N’a t-il pas raison de renvoyer dos à dos les sauveurs des lettres et ceux qui rejettent l’apprentissage rigoureux de la lecture et les règles de l’orthographe!?.La défense de l’école et la lutte contre l’illettrisme exigent qu’on effectue une réelle analyse, qu’on laisse tomber les anathèmes pour réfléchir collectivement et sérieusement.
Sa critique de l’IUFM et de son lien renforcé avec l’université est judicieuse et non passéiste: « Exigeons donc des universités qu’elles proposent des cursus pluridisciplinaires spécifiques à ceux qui se destinent au métier d’enseignement; et laissons à ceux qui ont une expérience réelle du terrain le soin de former professionnellement les futurs instituteurs. »
Les réformes que l’auteur propose sont bien souvent pertinentes. Ses préconisations en lecture permettent de ne pas rester enfermés dans le débat sur les méthodes semi globales et syllabiques . Si l’enfant doit très vite découvrir le principe alphabétique, l’enseignant lui apporte au début d’apprentissage des mots outils.
Je suis en total accord avec certaines des hypothèses d’actions comme celle qu’il formule à propos du collège afin d’en finir avec la « terreur de l’orientation par défaut »: « Il faut que des activités techniques et technologiques y occupent pour tous les élèves, sans aucune exception, une place égale à celle des disciplines dites générales. »
Je suis par contre opposé à certaines de ses propositions structurelles comme celle qui consiste à instaurer dans le primaire une fonction de chef d’établissement…
L’intérêt du livre est aussi là: il peut emporter l’adhésion puis irriter le même lecteur quelques pages plus loin.

Place au débat.

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