Politique scolaire et néoliberalisme: Le salon de l’éducation

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Le Salon de l’éducation a été créé par le ministre Allègre, celui dont les manifestations populaires ont obtenu la démission en mars 2000.
L’organisation en a été confiée dès le départ à la Ligue de l’Enseignement, association liée à l’empire de l’ex-FEN, et qui comprend entre autres la MAIF, la MGEN, la MRIFEN, la CASDEN (propriétaire du site Vousnousils), le SE-UNSA, et la CAMIF (rachetée récemment par des fonds de pension américains).

La Ligue de l’Enseignement est depuis l’origine subventionnée pour le Salon par le ministère de l’Education Nationale, quelle que soit la couleur apparente du gouvernement. Si on se réfère au passé lointain de cette organisation, qui au début du XXe siècle fut fondée pour soutenir l’école publique laïque, on pourrait attendre d’un tel Salon, subventionné, qu’il soit une manifestation en faveur de l’enseignement public.
Il n’en est rien.

C’est une foire commerciale où pullulent les entreprises et écoles privées, dans une débauche de bruit assourdissant, de spots publicitaires, de jeux vidéo pour attirer le public « jeune », toutes attractions qui n’ont plus qu’un très lointain rapport avec l’instruction. En revanche, elles ont un rapport très étroit avec l’école marchandisée promue par les ministères successifs (quelle que soit la couleur apparente), et les consignes de l’union européenne et du trust patronal ERT (Table ronde européenne). D’autant plus cette année, où pour profiter (?) de la présidence française de l’Europe, la Ligue de l’Enseignement se pare de l’étiquette européenne, considérée comme une parure malgré le vote opposé du peuple français le 29 mai 2005 ; ainsi donc la foire est baptisée « Salon européen de l’éducation ».

Des associations dont le nom laisse supposer qu’elles ont rapport avec l’école ont donc reçu de la Ligue de l’enseignement l’annonce de l’organisation, et un bulletin d’inscription pour réserver éventuellement un stand.
Pour que les choses soient claires, pour que nul n’ignore que l’on est dans le monde du fric et du profit, il est joint le tarif de location. Alors là, petites associations pauvres mais éprises de culture, amoureux de l’enseignement public désintéressé, accrochez-vous, voyez le tarif.
Votre stand : réservation minimum 9 m², le stand nu 200 euros par m², donc minimum 1800 euros, sans électricité car si on prétend avoir un bornier électrique c’est en plus.
Vos outils de communication : internet, lien direct avec votre e-mail : 70 euros x … (?? nombre de jours ? nombre d’adresses ?) ; lien direct vers votre propre site internet : 100 euros x … (même incertitude).
Conditions de participation : L’exposant s’engage à occuper son stand pendant toute la durée du salon, aucun remboursement ne pourra être effectué. … Le montant global est dû dès réservation

Vous avez bien compris : ce n’est pas d’éducation et d’instruction qu’il s’agit là, mais d’ARGENT.
Que la Ligue de l’Enseignement fasse la foire et se commette avec la marchandise, au fond c’est son affaire. Que des fonds publics de nos impôts y soient consacrés, NON.
Nous demandons que le ministère supprime la subvention versée à un organisme de destruction de l’enseignement public.

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