Nicolas Sarkozy accentue la communautarisation des examens et concours

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Selon un communiqué du Consistoire central israélite de France, faisant suite à une rencontre du 12 décembre avec le président de la République, celui-ci aurait déclaré que « des instructions avaient été données pour que les examens et concours se déroulent dorénavant à des dates acceptables pour tous les étudiants« . En clair : pas d’épreuves pendant le shabbat !

Le « culte israélite », reconnu sous le Concordat de Bonaparte dès 1807, est librement pratiqué en France — sauf pendant la sinistre parenthèse de Vichy — depuis plus de deux siècles, sans avoir éprouvé le besoin d’exiger l’application de ses règles particulières dans le cadre de l’école ou de l’université. Depuis deux siècles, penseurs, savants, écrivains, etc., quelle que soit leur confession, ont enrichi la société de leurs lumières intellectuelles, après avoir fréquenté Lycées ou Universités, passé examens et concours, y compris le samedi. On ne sache pas qu’ils aient été considérés comme des apostats ou des impies. Alors, pourquoi le deviendraient-ils maintenant, si ce n’est parce que les exigences communautaristes se font de plus en plus pressantes ?

L’UFAL a milité, en 2003, pour la réglementation du port des signes religieux à l’école publique — loi du 15 mars 2004 ; elle dénonce depuis 2010 la présence de crucifix dans certains centres d’examen du baccalauréat. Elle proteste une fois de plus contre la tentative des religions d’imposer leurs règles dans le cadre de l’école et de l’université publiques. Outre qu’il est matériellement et financièrement impossible de donner satisfaction à la totalité des cultes passés, présents, et à venir, l’UFAL rappelle que la neutralité religieuse est une garantie de traitement égal pour chaque étudiant ou élève, sans considération de ses convictions. Chaque concession au communautarisme est un recul du principe d’égalité dans la République.

L’UFAL rappelle que la laïcité ne consiste pas à faire la somme de l’ensemble des règles particulières de toutes les religions dans la sphère publique, mais à imposer dans le cadre de celle-ci une stricte neutralité religieuse.

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