« L’école de la lâcheté: Sommes-nous tous responsables ?», De Maurice T. Maschino

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Jean-Claude Gawsewitch, éditeur
Avril 2007
249 pages
18,90 €

Les parents, certains parents participent à toutes les instances du système éducatif, du conseil d’école au Conseil National des programmes.
« Démocratie ? On le dit-et on se moque des citoyens. Imagine-t-on toute une famille-père, mère, beaux-parents, grands parents, oncles, tantes-réunie dans le bloc opératoire d’un chirurgien, et discutant, à sa demande, des modalités techniques de l’opération que doit subir un membre de la tribu ?
C’est ce que l’école fait avec les parents. Pauvres maîtres, et pauvre école. »
Voici là des propos bien rétrogrades, voire réactionnaires diront certains ! Quitte à choquer les enseignants qui connaissent mon engagement pédagogique et non pédagogiste, je tiens à affirmer mon accord avec ce propos tenu par l’auteur de ce livre. Faut-il d’ailleurs rappeler que beaucoup de militants de l’école moderne ont dénoncé la participation qui permet à la petite bourgeoisie de mettre un pied dans l’école alors que la masse des parents s’en trouve exclue ?
Les parents doivent connaître la méthode de lecture utilisée afin de pouvoir accompagner leurs enfants. C’est là un droit qui doit être reconnu et exercé. Les parents sont les primo éducateurs de leurs enfants et à ce titre ils doivent être informés et soutenus, laissant aux enseignants la maîtrise de la pédagogie dans le respect des programmes nationaux.
Il faudra d’ailleurs bien un jour évaluer les effets de la participation.
L’auteur de ce livre dénonce l’incurie de l’école, l’élimination de certaines disciplines et la réduction continue du nombre d’heures de français et de mathématiques.
Il s’en prend à lâcheté de certains chefs d’établissement et de certains inspecteurs qui non contents de ne pas soutenir des enseignants en difficulté, les briment parce qu’ils ne pratiquent pas la bonne pédagogie.
Il a raison de tancer ces attitudes mais faut-il aussi lui rappeler que d’autres enseignants pratiquant eux des pédagogies alternatives ont subi aussi des brimades et des inspections « couperet ».
Si ce livre apporte quelques éclairages de plus sur la faillite du système, si son auteur dénonce à juste titre la pauvreté de la formation donnée par les IUFM, encore une fois il confond le s pédagogistes c’est à dire les responsables des plans de destruction de l’école publique et les militants pédagogiques qui peuvent eux aussi condamner l’appauvrissement des programmes tout en prônant une démarche « moderne ».
Arrêtons de tout mélanger… On ne peut pas à la fois se réclamer du libre exercice de la pédagogie et à la fois s’en prendre à toute méthode qui ne soit pas 100% syllabique.
Oui, il faut dénoncer le système qui veut que certains enfants trouvent un refuge dans des établissements sélects alors que la grande majorité « méprisée, est traitée au rabais et reçoit … » « un « SMIC culturel » si maigrelet qu’il lui permettra tout juste de remplir, en les bourrant de fautes d’orthographes, les formulaires de l’ANPE. »
Ce combat contre les politiques « éducatives » des différents gouvernements qui se sont succédé doit être mené par les enseignants, leurs organisations syndicales, dans la clarté mais sans entretenir la division entre des « rétrogrades » et des « modernes ».

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