Georges Tron ou la précarité à durée indéterminée dans la fonction publique

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Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, la précarité dans les trois fonctions publiques s’est accrue de façon alarmante. Des négociations paritaires se déroulent en ce moment pour la résorber. L’UFAL, qui milite depuis longtemps pour un enseignement de qualité, a dénoncé dès 2008 la politique consistant à supprimer drastiquement des postes à l’Education nationale (voir la pétition). C’est pourquoi elle n’est pas dupe des intentions réelles de Georges Tron et Luc Chatel.

L’actuel budget triennal reconduit la suppression de 16 000 postes d’enseignants par an, dans la logique de non – remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Cela se traduit par l’augmentation de personnels contractuels dans l’éducation nationale. Ainsi dans son rapport du 10 juillet 2010 l’IGAENR (corps de hauts fonctionnaires chargés de l’évaluation des politiques publiques) note qu’il manque 1 300 postes de titulaires dans le primaire et 2700 dans le secondaire à la rentrée 2010, carence en partie compensée par une « augmentation de 31 % du recours aux contractuels et vacataires ».

Dans ce contexte, le ministre de la Fonction publique envisage une première mesure : transformer en CDI les contrats des agents en CDD depuis au moins 4 ans. Certes, pour une partie des précaires, cela équivaut à une amélioration notable de leur vie quotidienne. Reste qu’il s’agit, en réalité, d’une simple transposition du droit européen. Le gouvernement fait preuve, par conséquent, d’une certaine malhonnêteté quand il présente cette mesure comme un geste volontariste.

La seconde mesure consiste en un plan pluri-annuel de résorption de la précarité. 50 000 agents non-titulaires devraient être titularisés via l’ouverture de concours internes et d’examens professionnels. Sachant qu’il y a actuellement 870 000 précaires, il suffit de faire une simple opération de soustraction pour s’apercevoir que le gouvernement a en fait choisi de maintenir 820 000 précaires dans la fonction publique. Requalifier une partie d’entre eux en CDI n’est qu’une demi-mesure qui ne fera que reconduire les inégalités au sein de la fonction publique.

L’UFAL :
• Rappelle que les agents de l’Etat doivent être recrutés par concours nationaux et non par contrat. Le statut de fonctionnaire est en effet le plus à même de protéger les personnels des diverses pressions dont ils pourraient faire l’objet.
• Tient à exprimer son inquiétude face à la politique de contractualisation des personnels que le gouvernement est en train de mettre en œuvre à travers la requalification d’une partie des contractuels en CDI, mais aussi d’une façon plus larvée à travers des dispositifs comme le programme CLAIR ou encore le « pacte de carrière »
• Dénonce toutes les formes de précarité dans la fonction publique, et en conséquence, un plan qui n’est pas à la hauteur des enjeux.
• Fait le même constat que l’IGEANR dans le rapport qu’elle a remis au ministre de l’Education nationale au mois de juillet dernier (lire le communiqué de presse à ce propos) et dénonce une politique insincère qui, sous couvert de résorber la précarité, la produit.
• Exige un plan de titularisation dans l’Education nationale beaucoup plus ambitieux, qui ouvrirait des postes aux concours internes et réservés en prenant en compte le nombre réel de précaires.
• Exige une formation initiale d’un an de tous les enseignants, en partant du principe de bon sens selon lequel un enseignant bien formé est le gage d’un élève bien formé.

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