Contribution au débat sur Freinet : Invitation à une leçon

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Voici la réponse d’Isabelle Voltaire au texte de Denis Pelletier

L’article incriminé dans le Repère n° 121 (1)Un assez long échange de correspondance a suivi. ne se proposait pas de rédiger une monographie complète sur Freinet, mais de réagir à des déclarations de personnes s’en réclamant, sur deux sujets et deux seulement pour lesquels j’avais déjà longuement discuté avec elles : les visites d’entreprises, et le journal de classe ; mon intention étant de montrer qu’en 2007 on ne peut pas faire comme Freinet en 1936. Je n’ai jamais eu l’intention d’aborder d’autres aspects de la doctrine (ou des pratiques) de Freinet.

Je constate que Denis Pelletier ne répond pas sur ces deux points, mais sur d’autres, la coopération notamment : donc il est hors sujet. La véhémence de ses propos laisse penser que s’il avait pu répondre dans le sujet, il l’aurait fait. Mais soit, admettons de le suivre sur ce nouveau chemin. C’est pourquoi dans les courriers publiés sur la liste Ufal-école, je le priais de préciser ce qu’il appelle un enseignement coopératif, non par des discours généraux qui n’éclairent guère, mais puisque nous sommes entre pédagogues et enseignants, par une démonstration concrète : qu’il nous prouve l’excellence de la méthode coopérative en faisant des leçons sur des sujets connus, parce qu’ils ont fait débat dans des journaux et sur des listes et forums : la célèbre règle de l’accord du participe, et la façon d’enseigner la proportionnalité aux élèves de CM2 afin qu’ils soient capables de trouver seuls un problème de pourcentage de type connu, puisqu’on le trouve dans des annales de certificat d’études.

Nous ne nous résignons pas à l’idée que nos enfants seraient incapables de traiter des questions connues de leurs aînés ; et, selon les allégations de Baudelot et Establet, il paraît que le niveau monte. Il nous paraissait donc tout naturel qu’un pédagogue émérite, inspecteur de l’enseignement primaire, vantant une méthode pleine de qualités, soit sollicité pour montrer au peuple comment on doit s’y prendre.

Je sais par expérience professionnelle et syndicale que la pédagogie Freinet a des adeptes parmi nos collègues de l’enseignement primaire, mais point, ou très peu, dans le secondaire. Prenant soin de respecter cette différence, j’ai choisi des sujets de leçons du programme primaire (à coup sûr, ce n’est pas élitiste) ; je fais remarquer que je ne sollicite pas de Denis Pelletier une leçon coopérative sur la notion de probabilité et d’infini dans le Pari de Pascal, par exemple.

Je renouvelle donc mon invitation : que par exemple devant le conseil d’administration de l’Ufal Denis Pelletier nous fasse un exposé de la méthode coopérative, dans deux vraies leçons sur les vrais sujets proposés, du niveau primaire.

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1. Un assez long échange de correspondance a suivi.
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