Camp de réfugiés : communiqué de l’UFAL 50 et article complémentaire de Ouest France

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Le campement sommaire des réfugiés a été la cible d’actes odieux puisqu’il est admis qu’il y a eu plusieurs départs de feu concomitants.
Ces hommes sont extrêmement démunis. On leur a détruit les quelques souvenirs qu’ils avaient pu emporter, quelques documents essentiels comme des papiers leur permettant une éventuelle régularisation.
Comment expliquer que leur mosquée improvisée sous une tente ait été particulièrement visée, les corans ayant été détruits?
Peut-on y voir un rapprochement avec les intentions nauséabondes d’un pasteur américain? Le climat national ambiant de stigmatisation de certaines populations peut-elle constituer le vivier d’où se déchaîne la barbarie? Comment a commencé la montée du nazisme en 1936?
Poser les questions ne fournit pas les réponses. Dans un état de droit, républicain, il faut faire confiance à la police et à la justice.
L’Union des Familles Laïques de Cherbourg, justement dans le respect strict de la laïcité, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité condamnerait tout acte malveillant. Elle déplore le manque d’engagement de l’Etat pour donner un hébergement à ces hommes, offensant par là-même leur dignité.
Comme ce fut le cas lors de la manifestation de ce lundi soir, elle en appelle au soutien financier de la population en apportant une obole à l’association ITINERANCE qui a pris en charge ces déshérités.

La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité. [Albert Camus]

Pour l’UFAL CHERBOURG, le Président
Yvan Dupont

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Ouest-France
Actualité Manche
lundi 13 septembre 2010

À Cherbourg, le camp des réfugiés incendié

C’est sur ce terrain vague, derrière le gymnase du Maupas que les réfugiés avaient construit leur camp de fortune. C’est sur ce terrain vague, derrière le gymnase du Maupas que les réfugiés avaient construit leur camp de fortune.
Une quinzaine de cabanes sont parties en fumée hier, sur un terrain vague. Elles abritaient des Afghans et des Iraniens qui espèrent passer en Angleterre.
Hier, vers 17 h 30, une lourde fumée noire s’élève au-dessus de Cherbourg. Sur un terrain vague, avenue de Bremerhaven, des habitations rudimentaires, couvertes de bâches plastiques noires sont en feu. Une quinzaine au total. Habituellement, elles abritent les réfugiés afghans ou iraniens, qui ont fui leur pays et espèrent passer en Angleterre.
En cette fin d’été, ils sont une quarantaine sur le site. Les pompiers arrivent très vite. Une quinzaine d’hommes et deux fourgons pompes. Alors que des petites cartouches de gaz explosent, il ne leur faut pas plus d’une demi-heure pour éteindre les flammes. Mais il ne reste plus que deux ou trois « bungalows » intacts. Au moins quinze de ces habitations de fortune sont calcinées.

Lieu de culte

Il n’y a pas de blessés. Peu à peu les réfugiés, des hommes de 20 à 30 ans, arrivent sur les lieux et découvrent le désastre. La police, le procureur de la République procèdent aux premières constatations. Il n’y a pas de doute sur la thèse criminelle.
« C’est scandaleux. Dans le contexte actuel d’expulsion des Roms, quelques esprits faibles pourraient être tentés. » Daniel Jouanne, adjoint au maire, tempère aussitôt : « Il faut attendre ce que va dire l’enquête. »
Les bénévoles de l’association « Itinérances » qui aident ces réfugiés depuis plusieurs années sont là aussi. L’urgence, c’est le relogement. « Ils ont perdu le peu qu’ils avaient. Mais le pire, c’est leur lieu de culte. Le Coran a brûlé. »
On s’attend à ce que cet incendie relance une polémique autour de ces installations illégales. Le maire de Cherbourg a aussitôt prévenu le préfet. « Bien sûr, nous avons des solutions de logement », reprend son adjoint. « L’auberge de jeunesse par exemple. Mais après tout, ces gens sont sous la responsabilité de l’État. Cela fait des années depuis la fermeture de Sangatte, que nous alertons les autorités à ce sujet. Et rien n’est fait. »

Thierry DUBILLOT.
Ouest-France

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