L’énergie, une préoccupation citoyenne

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La question énergétique est une question centrale de nos sociétés. Aucun développement n’est possible sans énergie. L’énergie est nécessaire pour nous chauffer, nous déplacer, produire les conditions de notre bien-être, etc.
La majeure partie de l’énergie utilisée dans le monde provient des énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon) qui sont non renouvelables et émettrices de gaz à effet de serre lors de leur utilisation. Elles sont aussi, à l’exception du charbon, très mal réparties sur la planète et les réserves connues n’excèdent pas quelques dizaines d’années au rythme d’exploitation actuel.
C’est pourquoi l’énergie est à la fois un enjeu géopolitique de premier plan et est au centre de la question des changements climatiques liés aux émissions anthropiques de gaz à effet de serre.
De part son caractère indispensable, l’énergie est une ressource qui doit être géré par la collectivité dans l’intérêt général, ce qui ne peut se faire que dans le cadre d’un service public orienté vers la satisfaction des besoins et non pas dans un cadre néolibéral dont l’objectif est la rémunération de l’actionnariat.
Construire un discours sur l’énergie demande de partir de bases scientifiques, c’est pourquoi nous publions le texte de Gérard Pierre. Mais pour l’UFAL, association d’éducation populaire, parler d’énergie ne doit pas se cantonner à des données scientifique mais doit faire l’objet de développements intégrant ces données à l’élaboration d’un projet de société progressiste et émancipateur.
Le texte de Gérard Pierre montre bien que les énergies renouvelables ne peuvent pas être la solution unique à la problématique énergie-climat, contrairement au discours dominant environnementalisto-libéral.
La question d’une baisse radicale de la consommation énergétique doit être mise au centre du débat. Se contenter d’attendre l’épuisement des réserves serait suicidaire écologiquement (changements climatiques) et socialement (augmentation des prix).
Cela impose de questionner les modes de consommation, donc de remettre en cause le système de production. Puisqu’aujourd’hui le principal « gisement » se situe dans la baisse de consommation de ressources (sobriété dans la consommation, amélioration de l’efficacité énergétique sur l’offre d’énergie, amélioration de l’efficacité énergétique sur la demande), il faut que les politiques publiques soient réorientées, assument leurs responsabilités, planifient, et remettent en cause le capitalisme productiviste. Et comme la classe politique est majoritairement à la solde de l’oligarchie qui contrôle l’économie à son unique profit, éducation populaire et élargissement du front syndical et associatif doivent être des objectifs prioritaires.
Cela impose aussi d’affronter le débat sur le nécessaire et le superflu. Ce débat est très difficile car il est sous-tendu par de nombreux a priori. Mais dans le contexte de crise sociale et écologique, nous devons permettre qu’il ait lieu. Comme les contraintes s’amplifieront, qu’elles soient financières ou restrictives, nous devons dès à présent définir le principe qui doit prévaloir sur les conclusions de ce débat : de la contrainte sur le superflu et pas touche au nécessaire ! Le lien doit être fait avec la réflexion en cours sur les indicateurs de progrès, de bien-être et de richesse, qui vise à en finir avec le PIB comme seule boussole des politiques publiques, choix arbitraire fait par une minorité à son profit.

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