Hausse de la pauvreté et des distributions de la Banque alimentaire : l’humain au plus bas

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Cette annonce ferait aussi bien les manchettes des journaux financiers, s’il n’y était pas question d’humain. Et pourtant la finance parie sur la misère.

Pendant ce temps les organisations caritatives tentent de parer au plus pressé pour ne pas laisser trop de monde dans le fossé.

Au-delà du travail remarquable que font toutes ces organisations caritatives, du bénévolat et de l’abnégation développée, se pose la question du pansement social que cela représente sur la figure du libéralisme.

L’inflation en France en octobre 2011 s’est accélérée et grimpe à + 2.3 % sur l’année. La hausse de la TVA envisagée par l’État n’arrange pas les choses non plus et devrait avoir un impact de 0.2 % sur le panier des familles. Les hausses dans la grande distribution sont estimées à + 3.2 % pour l’année 2001 à fin octobre et le prix de l’énergie grimpe de 11.2 % sur un an.

Alors bien sûr les associations caritatives voient leur côte grimper. C’est la contre partie qui mène les familles à voir leurs moyens diminuer. Si on met cela en relation avec la précarité du monde du travail en augmentation, des salaires qui prennent de plus en plus de distances avec l’augmentation du coût de la vie, des droits sociaux en diminution, des remboursements de médicaments en fortes diminutions depuis des années, des retraites qui s’amenuisent… il y a un monde qui s’écroule.

Pendant ce temps un monde beaucoup plus restreint voit ses moyens augmenter : 1 % de la population détient 40 % des richesses. Tandis que l’effondrement du système capitaliste nous annonce récession et dépression mondiale.

Mais prenons le temps de voir l’évolution des prix de grande consommation.

Indices des prix des produits de grande consommation
(source : Insee)

Évolution des indices des prix des produits de grande consommation dans la grande distribution
(source : Insee – indices des prix à la consommation)

Indices d’ensemble des produits de grande consommation

Base 100 : 1998
Source : Insee – indices des prix à la consommation
Indices oct. 2011 Variations (en %) au cours
du dernier mois des 12 derniers mois
Grande distribution 124,5 0,2 3,2
– Hypermarchés 124,1 0,2 3,4
– Supermarchés 125,7 0,2 3,3
Grande distribution étendue 125,8 0,2 3,2
Autres formes de vente 129,7 0,4 4,3
Ensemble : Toutes formes de vente 127,0 0,2 3,3

Indices détaillés pour la grande distribution

Base 100 : 1998
Source : Insee – indices des prix à la consommation
Indices oct. 2011 Variations (en %) au cours
du dernier mois des 12 derniers mois
Produits alimentaires (hors produits frais) 124,6 0,2 3,7
– Viandes 131,8 0,2 4,1
– Boissons 120,4 0,3 3,7
– Autres produits alimentaires 122,2 0,2 3,6
Produits d’entretien, hygiène-beauté 124,7 0,3 1,1
Ensemble : Grande distribution 124,5 0,2 3,2

Et pourtant la grande distribution fait partie des plus grandes fortunes en France.
Quand il est question de lutter contre la vie chère, beaucoup de questions se font jour.
Et pourtant les ressources des petits agriculteurs ne s’améliorent pas.

Quelles sont les pratiques ?

La grande ligne est de faire payer le plus de monde possible, en augmentant « raisonnablement » les prix pour que ce soit le moins indolore possible.
Oui mais… quand tout le monde applique la même théorie et que les salaires ne progressent pas, que l’impôt est de plus en plus supporté par les classes moyennes, le caddie de la ménagère se rétrécie.

En un an certains prix ont virevolté : + 11 % pour les pâtes, + 13,40 % pour le lait, + 9 % pour le beurre, + 11,5 % pour le fromage, + 10 % pour les yaourts, desserts lactés et fromages blancs, + 6,30 % pour le riz.

  • les salades vendues par les producteurs locaux à la grande distribution locale 0,20 euro pièce sont proposées à la consommation entre 0,70 et 1 euro pièce ;
  • le kilo de tomates payé 0,60 euro au producteur est revendu à la consommation entre 2,50 et 3,50 euros ;
  • le kilo d’agneau vendu par l’éleveur à la grande distribution 4,80 euros se revend au consommateur de 20 à 25 euros ;
  • la bouteille de vin vendu par la cave coopérative locale 1,80 euro à la grande distribution passe à 5 euros à la consommation ;
  • le melon espagnol acheté au producteur espagnol 1 euro le kilo est revendu 3,29 euros à la consommation, le même prix que le melon local côté 1,40 euro le kilo sur le Marché d’Intérêt National.

À l’encontre de ce que vient de mettre en place le gouvernement il y aurait moyen au titre de la justice sociale de réduire le taux de TVA sur les produits alimentaires de première nécessité. Ce serait une décision de justice sociale.

Mais il ne faut pas se fixer que sur les prix de l’alimentaire, la santé est de plus en plus sujette à pression sur les ménages… et combien de personnes connaissez-vous autour de vous qui se rendent de moins en moins chez le docteur faute de moyens ?

Le déremboursement, la déclassification des médicaments, le ticket modérateur revu à la baisse, les pensions de retraite en diminution, tout concourt à faire baisser le niveau de vie des familles.

Et pourtant une société solidaire, basée sur des rétributions justes, une juste répartition de la richesse permet à chaque fois de tirer un pays, sa population et ses familles vers le haut. La France et son système social l’ont bien prouvé qu’ils tentent de l’abattre. Ce système social mérite encore que nous le conservions et que nous l’améliorions. Il a sauvé durant les crises successives de nombreuses familles.

L’UFAL est au côté des citoyens et de leurs familles pour redonner espoir et trouver des solutions justes dans la répartition des revenus.

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