Grenelle I puis II et puis s’en va !

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Que d’espoir le Grenelle de l’environnement n’a-t-il pas suscité ! Il y eu des débats vifs autour de cette assemblée avant, pendant et après pour savoir s’il était opportun ou non d’y être présent.
Tous les points de vue s’entendaient et avaient leurs arguments. Certains y sont allés pour soit proposer, soit s’opposer, soit pour veiller au grain, d’autres se sont éloignés, mais tous ont fait des propositions quant à notre avenir planétaire à travers la petite lorgnette française.
In fine Grenelle de l’environnement avait accouché de propositions, même si tout n’était pas satisfaisant et que l’on sentait les lobbies se démener, cela permettait de croire dans l’amorce d’un mouvement dans le sens de la préservation de notre Terre.

Et puis les choses se sont détériorées.
« Cop 15 » est passé par là. Les promesses sont devenues plus fortes mais aussi plus vagues. Au passage Yann Arthus Bertrand s’est vu décoré par le président de la République de l’Ordre du Mérite pour service rendu. Nicolas Hulot s’est éloigné de ce gouvernement se sentant grugé…
Ailleurs, loin des médias occidentaux et de leur tumultueux relais, dans les Amériques, les peuples se sont réunis à Cochabamba pour dire que le monde peut être autre et que la Terre doit être entendue.
L’heure est venue de solder ce cycle et de rassurer les amis industriels français et occidentaux.

Grenelle II est arrivé
Par petites phrases il a vidé les espoirs précédents, il a bafoué les grandes déclarations solennelles, il a détricoté la maille qui avait eu tant de mal à se resserrer. En voici un florilège non exhaustif :

  • les bâtiments devront améliorer leurs performances énergétiques, tandis que le plafond de la nouvelle norme (50 kwh/m2/an d’énergie primaire) a été repoussé d’abord de 6 mois et aucune aide n’a été envisagée pour l’atteindre.
  • les objectifs de développement durable en ce qui concerne l’urbanisme subissent un mouvement de recentralisation qui laisse songeur concernant l’avenir de ce sujet
  • le domaine des transports a été le lieu de toutes les cacophonies y compris au sein même de la majorité présidentielle, ne laissant rien augurer de bon pour la suite, avec tout de même un cofinancement de la part de l’Etat à hauteur de 2.5 milliards d’euros d’ici 2020… faut bien financer les amis.
  • la partie agricole voit l’hypocrisie s’installer avec une demande de retrait des substances chimiques subordonné à l’avis de l’Afssa, tout en refusant d’interdire les cultures d’OGM.
  • la question de l’énergie a subi un discret amendement qui permet ainsi des rejets radioactifs par le fait qu’il supprime la procédure d’enquête publique pour toutes les demandes d’augmentation des rejets radioactifs et chimiques et des  prélèvements d’eau des installations nucléaires.

Bien sûr, sont restées quelques mesures ou volontés qui ne pèsent pas trop lourd ni sur l’Etat, ni sur les grandes entreprises mais qui seront – soyons en certains –  mis en avant comme de grandes avancées :

  • la publicité, malgré le travail de lobbying, verra la capacité des maires contrainte en ce qui concerne les dérogations, – la biodiversité sera reversée aux régions pour définir des corridors écologiques formant des trames vertes et bleues,
  • les téléphones portables seront interdits pendant les cours de maternelle, primaire et secondaire,
  • les biberons en plastiques au Bisphénol A vont être interdits, – les entreprises de plus de 500 salariés devront faire valoir dans leur rapport annuel leurs préoccupations sociales et environnementales.

On le voit, le monde ne va pas changer de face et la marche en avant a pris un sérieux recul. Les Grenelle s’égrènent et l’écologie s’en va sous d’autres cieux.

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