Esther Benbassa, Noel Mamere, Eva Joly, les imbéciles utiles du néolibéralisme

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Le 27 janvier dernier, paraissait dans le journal Libération, un papier cosigné par Esther Benbassa, Noel Mamere et Eva Joly intitulé : « manifeste pour une écologie de la diversité ». A la lecture de ce plaidoyer contre la laïcité et contre la République, nous sommes en droit de nous demander où se situe Europe Ecologie Les Verts dans l’entreprise méthodique de déconstruction de notre modèle républicain ? Au-delà de ce positionnement, ce manifeste apporte une preuve supplémentaire que Europe Ecologie les Verts défend un concept de droite ancré dans une vision néolibérale de la société mondialisée.

Les français sont aveugles !

L’introduction de ce texte est on ne peut plus claire et place la laïcité au cœur du nationalisme puisque nous « remâchons notre incapacité à sortir d’obsessions savamment entretenu par la droite et l’extrême droite ». Vous l’aurez compris, toute personne attachée à la laïcité est un « facho » qui s’ignore. Et nos trois mousquetaires d’ajouter « D’autant que la gauche elle-même tombe dans ce piège où la laïcité et les valeurs de la République se confondent avec ces dérives que sont le laïcisme et le républicanisme. Nouveaux dogmes d’une France drapée dans son conservatisme, qui se cogne la tête au mur de ses peurs et de ses fantasmes ». Mais heureusement, Riri, Fifi et Loulou sont là pour nous ouvrir les yeux sur nos atavismes et nos mauvaises habitudes et ils interrogent la société : « Sommes-nous donc vraiment condamnés à vivre entre « vieux », contemplant notre passé glorieux, rêvant de nos colonies perdues et de notre grandeur disparue ? » Enfin, dans le 4e paragraphe, arrive l’estocade à propos de la République : « Qui croit sérieusement qu’elle incarne aujourd’hui la liberté, l’égalité et la fraternité ? »

La France pue !

Cette diatribe n’est pas nouvelle ! Noël Mamere en a même fait le fond de son épigramme. Il considère que la France est « moisie » et « qu’elle pue » au point qu’il s’autorise à violer la loi en célébrant un mariage d’opérette. Tout cela prêterait à sourire si la suite du manifeste ne laissait entrevoir les véritables intentions de notre triade infernale.

Se plaçant en sauveurs de la République, OUI-OUI et ses acolytes, nous apportent la solution miracle : « Nous pouvons pourtant encore sauver et la laïcité et la République, à condition qu’elles soient revisitées, qu’elles cessent d’appuyer un nationalisme exclusiviste et stérile, et servent au contraire à créer les conditions d’une sociodiversité féconde ». Et pour nous sauver du péril totalitaire, ces trois copains d’Amélie Poulain, nous propose la « laïcité raisonnée ». Ça c’est formidable ! Comment n’avions-nous pas compris que la laïcité, façonnée par 6 siècles de réflexion sur les rapports entre le temporel et le spirituel, entre les églises et l’état, n’était pas raisonnable !

Nos trois bienfaiteurs de l’humanité nous expliquent, qu’une « laïcité raisonnée reconnait la part de l’appartenance ethnique, culturelle, religieuse, linguistique […] De surcroît, aujourd’hui plus encore qu’hier, il est difficile de concevoir des identités uniques et figées. Toutes sont et seront composites, évolutives, paradoxales, personne n’étant en mesure de les définir de force, sauf au risque de reproduire les modèles totalitaires… »

La laïcité raisonnée est une escroquerie intellectuelle.

La laïcité raisonnée est une escroquerie intellectuelle en premier lieu, parce que tout adjectif accolé au mot laïcité en dénature profondément le sens. La laïcité ne peut pas être aménagée, ouverte, plurielle ou raisonnée. C’est un principe de séparation qui garantie la paix sociale par la reconnaissance de la pluralité des croyances à la condition qu’elles se cantonnent dans l’espace privé. Nos amis écologistes confondent tout en laissant accroire que la laïcité serait le point de blocage de la reconnaissance des communautés. Non ! La laïcité ne concerne que le fait religieux et rien d’autre. Si les particularismes ne sont pas reconnus, c’est que la référence suprême est la communauté nationale. Cela ne veut pas dire que les particularismes sont niés, cela veut dire qu’ils doivent se soumettre, dans l’espace public à des règles communes et acceptées par tous. Si la laïcité ne peut pas se négocier, le partage de l’espace public peut faire l’objet de discussions.

Les pieds nickelés du néolibéralisme.

La laïcité raisonnée est également une escroquerie intellectuelle indigne d’un mouvement politique qui se prétend de gauche. En effet, la démonstration que nous font les pieds nickelés d’Europe Ecologie, est issue en droite ligne de la pensée néolibérale et de celle du philosophe américain, John Rawls qui en fut le chantre. Le principe en est simple : morceler la société en groupes distincts, non pas pour lutter contre les injustices, mais pour vendre plus facilement des produits mieux ciblés sur leurs utilisateurs. Comment peuvent-ils se tromper à ce point ? Comment un mouvement politique peut-il défendre, sans sourciller un programme de droite ? Car, n’en déplaise à Nifnif, Nafnaf et Noufnouf, leur laïcité raisonnée, n’est rien d’autre que la laïcité positive de Nicolas Sarkozy ou le concept de diversité défendue par le MEDEF. Elle s’apparente également à la laïcité de reconnaissance, chère à nos voisins européens. L’idée de fond est un abandon pur et simple du concept par la reconnaissance des individualismes et des croyances comme éléments constitutifs de la citoyenneté.

Tout ce galimatias est pathétique et sacrément méprisant pour les citoyens que nous sommes car il repose sur un dédain de notre histoire, de nos choix collectifs et de nos institutions. L’argumentation qui consiste à dire que l’on casse tout et l’on recommence, à partir d’un modèle qui n’est pas le notre, est puérile et dangereuse. Ce que l’on en retiendra, c’est que le programme d’Europe Ecologie Les verts pour 2012 se résume à « devenir l’Amérique ».

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