En France, faire face aux réalités et oser les remises en cause

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Les conséquences des tremblements de terre et du tsunami dans le nord-est du Japon s’annoncent chaque jour plus dramatiques pour les familles japonaises. Il y a des dizaines de milliers de blessés, morts et disparus du seul fait de catastrophes naturelles prévisibles, mais dont les impacts n’ont pas été justement évalués et fait l’objet d’une prévention suffisante.

Les familles sont les victimes directes des colossales destructions d’industries, d’infrastructures, des services publics et des logements.
De plus, la dispersion du pétrole et des produits chimiques polluent les eaux, l’air et les sols pour des dizaines d’années. Il faut constater que cette catastrophe industrielle est largement passée sous silence.

À ces catastrophes, s’ajoutent maintenant les conséquences de décisions purement humaines : la destruction de plusieurs îlots nucléaires, la dissémination massive de produits radioactifs dans l’atmosphère, les eaux et les sols et, par là, la contamination à ce jour inévitable de milliers de personnes au Japon et peut-être hors de ses frontières.

D’ores et déjà, il apparaît que les autorités japonaises ont constamment masqué à la population japonaise et au reste du Monde l’état réel des dommages prévisibles et subis par les réacteurs nucléaires de Fukushima et sur-estimé leurs capacités à maîtriser les conséquences de l’impossibilité de refroidir les six réacteurs.

L’organisation des secours et la mobilisation des moyens en quantité et qualité suffisantes en ont été inévitablement retardées. La responsabilité ne peut qu’en incomber aux autorités qui devront rendre compte au peuple japonais des conséquences potentiellement dramatiques de ces retards.
Cette responsabilité doit aussi être partagée par ceux qui ont constamment relayé une sous-estimation des conséquences sociales de la destruction de la centrale de Fukushima. Que ce soit au Japon… et en France.

Pour l’UFAL, les familles ont le droit de savoir pour décider de leur vie dans un pays qu’elles ont construit et dont elles désignent les élus. Le droit d’être vite et complètement informées. Le droit de disposer à temps et, en quantités suffisantes, des moyens de secours, d’hébergement et de subsistance en cas de catastrophe. Au Japon, à Haïti, comme en France, en Vendée, dans le Var, à Toulouse et dans les milliers de communes ayant fait l’objet d’un arrêté préfectoral de catastrophe naturelle.

En France, comme au Japon, les familles savent faire la différence entre le tapage médiatique, l’information utile, le mensonge et un silence hypocrite. Le nier, les croire victimes « d’irrationalité », « d’impulsivité » et « d’incompétence » est une attitude élitiste et méprisante envers le peuple, attitude que l’on rencontre, selon les circonstances, dans toutes les formations politiques et qui nourrit l’abstention.

L’UFAL souligne, dans ces circonstances, que toutes les associations sont légitimes quand il s’agit d’avertir, d’informer et de secourir et quand les services de l’État, les ministres, les élus et les opérateurs privés ne le font pas, le font mal ou n’inspirent pas une confiance suffisante.

Car, concernant une politique énergétique nationale accordant une part croissante aux opérateurs privés et à la concurrence, la confiance n’existe plus. Elle ne peut être rétablie que dans un débat national sur la prévention et la protection contre les risques majeurs, mais aussi sur le retour au secteur public de la recherche, de la production et de la distribution de l’énergie. Ce débat doit être prolongé et maintenu à tous les niveaux dans les assemblées et collectivités locales sur une base républicaine.

Concrètement, du point de vue des familles, l’UFAL demande :
– la généralisation d’un enseignement public concernant la maîtrise des risques dès l’école primaire,
– la reconstitution des échelons techniques départementaux de protection de l’environnement et de maîtrise des risques naturels et industriels, DDE, DDPN, etc. et le retour des dotations budgétaires correspondantes,
– la mise à jour et la discussion publique des plans communaux de prévention des risques naturels, industriels et agricoles.
Que dès maintenant, les citoyens – et notamment les UFAL locales qui les représentent – saisissent  les candidats aux élections cantonales des 20 et 27 mars 2011, des questions concernant la maîtrise des risques dans leurs circonscriptions.

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